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Chine: deux jeunes moines tibétains s'immolent par le feu à Lhassa

27/05/2012 10:52 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT
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PEKIN - Deux jeunes moines tibétains se sont immolés par le feu dimanche à Lhassa, au Temple du Jokhang, un lieu de pèlerinage séculaire, a rapporté l'organisation Radio Free Asia (RFA) en citant des témoins.

Il s'agit des "premières auto-immolations dans la capitale de la région autonome du Tibet, Lhassa, pour protester contre la tutelle de la Chine", a affirmé RFA sur son site internet. Les autorités locales, contactées par l'AFP, se sont refusées à tout commentaire.

Les deux moines, juste après s'être transformés en torches humaines, ont été rapidement évacués par les forces de sécurité, selon la radio basée aux Etats-Unis. Ils sont vraisemblablement décédés, selon des témoins locaux cités par RFA.

"Lhassa est désormais quadrillée par la police et les forces para-militaires et la situation est très tendue", a décrit à RFA un Tibétain en exil ayant des correspondants sur place.

Une femme jointe par téléphone dans un hôtel de Lhassa n'a également pas souhaité s'exprimer sur les faits. "Quelque chose s'est effectivement passé ici, mais je ne peux pas en dire davantage", a-t-elle assuré.

Une autre gérante d'hôtel a expliqué à l'AFP que les communications par téléphones cellulaires étaient brouillées dans le quartier du monastère bouddhiste de Jokhang, véritable coeur spirituel de Lhassa et haut-lieu de pèlerinage depuis des siècles.

"Il y a beaucoup plus de policiers qu'avant et ils renforcent les contrôles d'identité", a-t-elle relaté.

Les recherches sur l'internet contenant le mot "Dazhaosi", le nom chinois du temple, étaient par ailleurs bloquées lundi par le système de censure exercé par les autorités chinoises.

Lhassa avait été le théâtre en 2008 de violences meurtrières anti-chinoises. Ces manifestations avaient débuté le 10 mars, jour anniversaire du soulèvement contre la tutelle de Pékin en mars 1959, avant de s'étendre à d'autres régions de Chine où vivent des minorités tibétaines.

Plusieurs dizaines de Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises.

Le plus haut responsable du Parti communiste chinois de Lhassa avait ordonné au début de l'année un renforcement de la surveillance policière des monastères au Tibet, après des manifestations de Tibétains violemment réprimées dans des régions voisines.

Qi Zhala, chef du Parti communiste de la capitale de la région autonome, avait également demandé une répression accrue contre les activités "séparatistes", selon lui fomentées par la "clique" du dalaï lama, le chef spirituel exilé des Tibétains, honni par Pékin.

La Chine affirme avoir "libéré pacifiquement" le Tibet et amélioré le sort de sa population en finançant le développement économique de cette région pauvre et isolée.

Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu'ils considèrent comme une domination grandissante des Hans, l'ethnie fortement majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.