NOUVELLES

Damas nie avoir perpétré le massacre de Houla, réunion à l'ONU

27/05/2012 01:24 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

Les autorités syriennes ont nié dimanche être responsables de la mort d'une centaine de personnes dont plus de 32 enfants dans un massacre à Houla qui a provoqué un tollé international.

Le Conseil de sécurité des Nations unies doit se réunir dimanche soir pour s'entretenir de la situation en Syrie, après ce massacre, a-t-on appris auprès de diplomates.

La Russie avait auparavant fait savoir qu'elle bloquerait une déclaration du Conseil de sécurité sur le massacre tant que le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, ne se serait pas exprimé sur le sujet devant le Conseil.

Le médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan, était, selon les autorités syriennes, attendu lundi à Damas.

Après l'Armée syrienne libre (ASL, rebelles), le chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), Burhan Ghalioun, a appelé le peuple syrien au combat si la communauté internationale n'intervient pas.

"Nous réfutons totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, deux jours après un bombardement meurtrier attribué par l'opposition au régime.

Les autorités syriennes ont annoncé la création d'une commission d'enquête conjointe de l'armée et de la justice sur ces violences, les pires depuis l'entrée en vigueur théorique le 12 avril du cessez-le-feu prévu dans le cadre du plan Annan. La commission doit publier ses résultats dans trois jours.

Selon Damas, M. Annan doit effectuer lundi sa deuxième visite en Syrie en trois mois de mandat du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe. Après sa première visite le 10 mars il avait obtenu un engagement du régime et des opposants à respecter un plan de paix prévoyant notamment un cessez-le-feu, un retrait des chars des villes, et l'ouverture d'un dialogue politique.

Ce plan a été sérieusement mis à mal par le massacre perpétré à Houla (centre) dans la nuit de vendredi à samedi.

Le chef du CNS, principale coalition d'opposition, a appelé les Syriens au combat au cours d'une conférence de presse à Istanbul.

"J'appelle le peuple syrien à mener la bataille de la libération et de la dignité en comptant sur ses propres forces, sur les rebelles déployés à travers le pays et sur les brigades de l'Armée syrienne libre" au cas où la communauté internationale n'assumerait pas ses responsabilités "en vertu du Chapitre VII" de la Charte de l'ONU, permettant notamment l'usage de la force.

Déjà samedi, l'ASL avait prévenu qu'elle ne respecterait plus le plan Annan, un mois et demi après l'entrée en vigueur de la trêve, constamment ignorée depuis.

"A moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer", a affirmé l'ASL.

Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a appelé dimanche les parties en conflit en Syrie à épargner les civils dans leurs affrontements

Dimanche encore, vingt-trois personnes dont quatorze civils ont trouvé la mort dans des violences à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Des manifestations dénonçant le massacre de Houla ont eu lieu à Alep (nord), Idleb, Deraa (sud), Hama et dans les environs de Damas, selon l'OSDH.

Après le carnage à Houla, la communauté internationale s'est indignée sans pour autant prendre de mesure concrète, avivant la colère de la population face à l'incapacité des grandes puissances à mettre fin au bain de sang après plus de 14 mois de révolte, qui ont fait plus de 13.000 morts selon un nouveau bilan de l'OSDH.

Des habitants exaspérés ont pris à témoin des observateurs de l'ONU qui se sont rendus samedi à Houla, où des dizaines de corps ont été enterrés dans une fosse commune, selon des vidéos de militants.

"Il y avait des enfants de moins de 8 mois! Qu'est-ce qu'ils ont fait? Est-ce qu'ils portaient des roquettes RPG?", crie un homme à un observateur visiblement embarrassé.

"On nous tue et le monde reste les bras croisés, allez au diable avec votre plan" Annan, s'écrie un homme à Houla.

"Pourquoi les observateurs ne se sont-ils pas rendus sur place dès l'annonce de l'attaque? Si le monde ne réagit pas après le massacre de Houla, ça sera une catastrophe", soutient Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Des Libanais chiites enlevés le 22 mai en Syrie, au risque d'intensifier la contagion de la crise syrienne au Liban, sont toujours aux mains de leurs ravisseurs, a indiqué dimanche à l'AFP l'opposition syrienne, laissant entendre qu'il ne s'agissait pas de simples civils. Les autorités libanaises avaient annoncé leur libération vendredi soir.

Selon le New York Times, l'administration américaine compte s'allier à la Russie pour élaborer un plan de sortie de crise prévoyant le départ de Bachar al-Assad, mais le maintien de certains éléments du régime syrien, calqué sur la transition qui a mis fin à la présidence du Yéménite Ali Abdallah Saleh.

bur-cnp/sw

PLUS:afp