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Damas nie avoir perpétré le massacre de Houla, Annan à Damas lundi

27/05/2012 09:10 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

Les autorités syriennes ont nié dimanche être responsables de la mort d'une centaine de personnes dont plus de 32 enfants dans un bombardement à Houla, qui a entraîné un tollé international et fragilisé le plan de paix du médiateur Kofi Annan, attendu lundi à Damas.

"Nous réfutons totalement toute responsabilité gouvernementale dans ce massacre terroriste qui a visé les habitants", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Jihad Makdissi, deux jours après un bombardement meurtrier attribué par l'opposition au régime.

Les autorités syriennes ont annoncé la création d'une commission d'enquête conjointe de l'armée et de la justice sur ces violences, les pires depuis l'entrée en vigueur théorique le 12 avril du cessez-le-feu prévu dans le cadre du plan Annan. La commission doit publier ses résultats dans trois jours.

L'émissaire international Kofi Annan, qui avait dénoncé au côté du secrétaire général de l'ONU cette "violation flagrante du droit international et des engagements pris par le gouvernement syrien de cesser son recours aux armes lourdes", est attendu à Damas lundi, selon le ministère syrien des Affaires étrangères.

Le porte-parole de M. Annan à Genève n'a pas confirmé cette visite.

Il s'agit de la deuxième visite en Syrie en trois mois de mandat du médiateur de l'ONU et de la Ligue arabe, qui avait obtenu après sa première visite le 10 mars un engagement du régime et des opposants à respecter un plan de paix prévoyant notamment un cessez-le-feu, un retrait des chars des villes, et l'ouverture d'un dialogue politique.

Ce plan a été ébranlé par le massacre perpétré à Houla (centre) dans la nuit de vendredi à samedi, et la menace des rebelles de reprendre l'offensive à défaut d'une action rapide de l'ONU.

Dimanche, les forces gouvernementales ont continué de bombarder des villes rebelles dans le centre de la Syrie et de s'engager dans de féroces combats près de Damas contre les insurgés. Huit personnes ont trouvé la mort dans des violences à travers le pays, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Après le carnage à Houla, la communauté internationale s'est indignée sans pour autant prendre de mesure concrète, avivant la colère de la population face à l'incapacité des grandes puissances à mettre fin au bain de sang après plus de 14 mois de révolte, qui ont fait plus de 13.000 morts selon un nouveau bilan de l'OSDH.

Après le choc des images insoutenables d'enfants ensanglantés, Londres a appelé à "une réponse internationale forte" et à une réunion d'urgence du Conseil de sécurité "dans les prochains jours", tandis que Paris entamait des contacts pour réunir le "Groupe des pays amis du peuple syrien".

Le chargé d'affaires syrien est convoqué lundi au ministère britannique des Affaires étrangères.

Président actuel de la Ligue arabe, le Koweït veut de son côté convoquer une réunion d'urgence de l'organisation sur la Syrie "en vue de prendre les mesures destinées à mettre fin à l'oppression du peuple syrien".

L'Armée syrienne libre (ASL, rebelles) a prévenu qu'elle ne respecterait plus le plan Annan, un mois et demi après l'entrée en vigueur de la trêve, constamment ignorée depuis.

"A moins que le Conseil de sécurité de l'ONU ne prenne des décisions d'urgence pour protéger les civils, le plan Annan ira en enfer", a affirmé l'ASL.

Des habitants exaspérés ont pris à témoin des observateurs de l'ONU qui se sont rendus samedi à Houla, où des dizaines de corps ont été enterrés dans une fosse commune, selon des vidéos de militants.

"Il y avait des enfants de moins de 8 mois! Qu'est-ce qu'ils ont fait? Est-ce qu'ils portaient des roquettes RPG?", crie un homme à un observateur visiblement embarrassé.

"On nous tue et le monde reste les bras croisés, allez au diable avec votre plan" Annan, s'écrie un homme à Houla.

"Pourquoi les observateurs ne se sont-ils pas rendus sur place dès l'annonce de l'attaque? Si le monde ne réagit pas après le massacre de Houla, ça sera une catastrophe", soutient Rami Abdel Rahmane, président de l'OSDH.

Le chef des observateurs de l'ONU en Syrie, le général Robert Mood, n'a pas désigné de responsables, tout en confirmant "l'usage d'artillerie tirée depuis des chars".

L'ASL est essentiellement composée de militaires qui désertent avec leurs armes légères, tandis que les chars de l'armée sont toujours déployés dans les villes en violation du plan Annan censé mettre fin aux violences.

Le général Mood a appelé le gouvernement "à ne plus utiliser d'arme lourde".

Mais sur le terrain, de violents combats entre troupes gouvernementales et rebelles secouaient dimanche la ville de Hama (centre) et celle de Harasta près de Damas, tandis que Rastane (centre) a été bombardée dans la nuit au rythme de deux obus par minute en moyenne, selon l'OSDH.

Et des combats près de la frontière irakienne ont poussé Bagdad à placer en état d'alerte ses forces de sécurité dans la zone dans la nuit de samedi à dimanche.

bur-cnp/feb

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