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Bombardement meurtrier à Hama, neuf morts et 150 blessés (ONG)

27/05/2012 04:38 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

Au moins neuf civils ont été tués à Hama (centre) dans une vaste offensive des troupes syriennes, armées de roquettes et de mitrailleuses lourdes, qui a également fait plus de 150 blessés, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Cette attaque s'est produite au moment même où le Conseil de sécurité de l'ONU se réunissait en urgence pour s'entretenir de la situation en Syrie, après le massacre de Houla, qui a fait selon l'ONU 108 morts, dont une trentaine d'enfants de moins de 10 ans.

"Il y a eu des combats entre soldats et déserteurs. Des soldats ont été tués et l'armée a violemment répliqué en visant directement des zones résidentielles", ont expliqué à l'AFP les militants sur place du centre de presse de Hama.

"Les gens sortaient dans les rues et hurlaient qu'ils avaient besoin de médecins. Une maison a été bombardée et s'est écroulée sur ses habitants", ont-ils ajouté.

Parmi les 150 blessés, plusieurs sont dans un état critique, a précisé l'OSDH.

Une vidéo mise en ligne par des militants a montré des dizaines de blessés allongés, en sang et portant de nombreuses blessures, certains ayant perdu des membres.

Des milliers de personnes ont manifesté à travers la Syrie pour dénoncer le massacre de Houla, attribué au régime par l'opposition, et les troupes ont ouvert le feu, tuant un adolescent qui défilait à Damas, selon l'OSDH.

Des défilés ont eu lieu à Alep (nord), Idleb (nord-ouest), Deraa (sud), Hama (centre) et à Damas pour dénoncer le massacre de Houla (centre).

"Houla, ne t'inquiète pas, par mon sang, par mon âme, nous nous sacrifierons pour toi", ont scandé les manifestants dans la province de Hama.

"La mission des observateurs de l'ONU ne veut plus rien dire pour nous après le massacre de Houla", affirmait une pancarte brandie par des manifestants dans le quartier d'al-Assali à Damas.

Dans ce quartier, un adolescent a été tué lorsque les forces du régime ont ouvert le feu sur les manifestants.

Au total, l'ONG recense 33 morts, dont 24 civils, dimanche à travers le pays.

Dans d'autres incidents à Hama, haut lieu de la contestation dans le centre du pays secoué par de violents combats entre soldats et déserteurs, quatre autres civils ont été tués.

Dans la province de Damas, un civil a été tué par balles lors de perquisitions à Ain Mnine après une manifestation de solidarité avec Houla.

Une vidéo mise en ligne par des militants a montré des magasins aux rideaux baissés à Kafar Batna, dans la banlieue de Damas, également en solidarité.

Dans la capitale, les troupes ont tiré sans discernement sur des funérailles dans le quartier de Nahr Aïcha, blessant au moins six personnes, selon l'OSDH.

Dans la province de Damas, un jeune homme a été tué dans la localité de Yalda dimanche, et un autre à Deraya dans la nuit de samedi à dimanche.

A Homs (centre), trois personnes ont été tuées et quatre civils, dont trois enfants ont été tués par des tirs d'obus de mortier et de mitrailleuses lourdes à Khan Cheikhoune (nord-ouest).

Par ailleurs, neuf soldats ont été tués dans des combats et des attaques contre des postes militaires à Deraa, Hama, Hassaka (nord-est), Idleb et près de Damas.

A la frontière avec le Liban, l'armée syrienne a tiré sur des contrebandiers qui se trouvaient dans la localité libanaise de Kfarkouk (sud-est), tuant un contrebandier et en arrêtant un autre, selon une source de sécurité, qui ne précise pas s'il s'agit de trafiquants d'armes.

Toujours au Liban, le puissant mouvement chiite Hezbollah, proche allié du régime de Bachar al-Assad, a condamné "avec force" le "terrible massacre" de Houla, dans un communiqué publié dimanche.

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