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Grève étudiante: restaurateurs et hôteliers québécois pressent le pouvoir de négocier

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MONTREAL - Les hôteliers, les restaurateurs et les commerçants montréalais, d'ores et déjà touchés par une baisse sensible de leur chiffre d'affaires en raison du conflit étudiant, ont demandé dimanche au gouvernement québécois de tout faire pour négocier une solution viable.

Ils l'ont fait lors d'une réunion avec le ministre québécois des Finances Raymond Bachand et avec le maire de Montréal Gérald Tremblay, organisée par la Chambre de Commerce de Montréal Métropolitain (CCMM), a indiqué à l'AFP le président de la CCMM Michel Leblanc.

Les pourparlers entre le pouvoir et les étudiants doivent reprendre lundi à Québec à 14 heures (18H00 GMT), selon la FEUQ (Fédération étudiante universitaire du Québec).

Les participants à la réunion de dimanche soir ont souligné "l'importance des négociations qui s'amorcent entre le gouvernement et les groupes d'étudiants" et demandé que "la porte reste grande ouverte" même si on ne voit pas de solution au bout de quelques heures, a précisé M. Leblanc.

"Cela prendra le temps que cela prendra, il faut une stratégie de petits pas dans cette négociation, on doit prendre chaque progrès et construire dessus", a-t-il ajouté, dans une allusion à la très brève négociation qui avait capoté entre le gouvernement et les étudiants début mai.

Selon lui, les commerces du centre ville ont enregistré une baisse de leur chiffre d'affaires de 15% depuis dix ou quinze jours. Certaines rues très commerçantes et souvent empruntées par les cortèges de manifestants sont plus gravement touchées, la rue Sainte-Catherine et la rue Saint-Denis, par exemple, avec une baisse de 40%.

De même, alors que le Grand Prix de Formule 1 est proche, les réservations dans certains hôtels accusent 25% de baisse, a encore précisé le président de la CCMM

M. Leblanc s'est dit surtout préoccupé par les petits commerces dont le CA annuel se situe autour de 600 000 ou 700 000 dollars, moins solides pour survivre à de telles difficultés.

Au maire Gérald Tremblay, les commerçants ont surtout parlé de la stratégie d'après-crise, demandant que la municipalité s'efforce de rétablir l'image de ville "festive et sûre" de Montréal et que les chantiers de travaux publics ne gênent pas l'accès à leurs établissements.

"Il y a une vingtaine d'années, après la crise d'Oka, la situation dans le tourisme est revenue à la normale deux semaines plus tard", a encore observé M. Leblanc.

Le conflit étudiant, qui a commencé il y a près de quatre mois, se trouve dans l'impasse depuis deux semaines, les syndicats étudiants ayant rejeté les propositions du gouvernement. Ce dernier a fait voter le 18 mai une loi spéciale pour y mettre fin, mais certaines de ses dispositions limitant la liberté de manifester ont mobilisé une partie de l'opinion contre lui.

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