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Amnesty International appelle l'Arabie saoudite à libérer des chiites

27/05/2012 03:49 EDT | Actualisé 27/07/2012 05:12 EDT

Amnesty International a appelé les autorités saoudiennes à libérer des chiites détenus sans procès à la suite de manifestations anti-gouvernementales dans la province orientale du royaume.

Dans un rapport intitulé "les voix dissidentes muselées dans la province orientale", l'organisation internationale des droits de l'Homme affirme que "depuis février 2011, des centaines de personnes ont été arrêtées, des hommes mais également des enfants".

Selon le rapport rendu public lundi, "plusieurs de ces individus ont été libérés, mais certains demeurent détenus, pour la plupart sans accusation ni procès".

"Dans un nombre limité de cas, des détenus ont été traduits en justice après avoir été accusés de soutenir des protestations ou d'avoir exprimé des opinions critiquant l'Etat", ajoute le rapport.

La plupart des personnes arrêtées sont soupçonnées d'avoir pris part à des manifestations anti-gouvernementales ou en solidarité avec le royaume voisin de Bahreïn, où la majorité chiite dirige un mouvement de contestation contre la monarchie sunnite.

En outre, plusieurs sites web de la province orientale rapportant les protestations anti-gouvernementales ont été bloqués, selon le rapport.

"Alors que nous reconnaissons que les autorités saoudiennes ont la responsabilité de préserver l'ordre public (...) nous nous inquiétons du fait que certaines des personnes arrêtées semblent détenues arbitrairement et que certaines ont été sujettes à des tortures et d'autres mauvais traitements", ajoute le texte.

L'est de l'Arabie saoudite, riche en pétrole et où se concentre l'essentiel des deux millions de chiites saoudiens, est secoué par des troubles sporadiques depuis mars 2011 mais les troubles ont pris une tournure violente à l'automne 2011 et sept personnes ont été tuées depuis.

Le rapport souligne cependant que les manifestations ont baissé d'intensité depuis mars, indiquant que les autorités locales ont organisé fin mars et début avril des réunions avec les principales figures religieuses et les notables pour les persuader d'arrêter les protestations en échange d'une promesse de répondre à leurs revendications.

Le 16 mai, Amnesty a soumis un mémorandum aux autorités saoudiennes contenant les informations de ce rapport et leur a adressé des questions "restées jusque là sans réponse", ajoute le rapport.

bur-at/sw

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