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Tunisie: des salafistes incendient un poste de police à Jendouba

26/05/2012 09:17 EDT | Actualisé 26/07/2012 05:12 EDT

Des salafistes ont incendié samedi un poste de police à Jendouba, au nord-ouest de la Tunisie, s'opposant à l'arrestation de quatre de leurs congénères, a-t-on appris auprès du ministère de l'Intérieur.

Environ 200 salafistes ont jeté des pierres avant d'incendier un poste de police à Jendouba avec des cocktails molotov au lendemain de l'arrestation de quatre islamistes radicaux qui avaient tenté de fermer de force des bars de la ville, précise le ministère.

Les agents de sécurité ont essayé de les disperser avec des grenades lacrymogènes, a ajouté la même source précisant que le dispositif policier avait été renforcé.

Selon l'agence officielle TAP qui les estime à 500, ces salafistes étaient armés de sabres et de bâtons et appelaient au Jihad (la guerre sainte).

Le ministre de la Justice, Noureddine Bhiri, avait mis en garde lundi les salafistes, qui avaient tenté d'interdire la vente d'alcool dans la ville de Sidi Bouzid (centre-ouest) en fermant de force plusieurs bars.

Ces salafistes avaient aussi mis le feu à un dépôt d'alcool dans cette même localité d'où était partie la révolution tunisienne en décembre 2010, ayant abouti à la chute en janvier 2011 du régime de Zine El Abidine Ben Ali en janvier 2011.

Depuis lors, la montée des salafistes radicaux suscite de plus en plus la crainte de nombreux Tunisiens.

"Des groupes violents hors la loi propagent la terreur et agressent physiquement et moralement des femmes, des intellectuels, des journalistes, des créateurs, des syndicalistes, des politiciens ainsi que des militants des droits de l'Homme", avait déploré Abdessatar Ben Moussa le président de la Ligue tunisienne de la défense des droits de l'Homme (Ltdh).

Depuis les élections d'octobre 2011, les islamistes radicaux se manifestent à tout bout de champ: dans les universités pour imposer le port du niqab, devant les tribunaux pour fustiger une chaîne de télé accusée d'avoir diffusé un film blasphématoire.

Selon des observateurs, ce climat risque aussi de pénaliser le secteur de tourisme, vital pour le pays et qui éprouve des difficultés depuis la chute de l'ancien régime.

kl/jlh

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