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26/05/2012 07:32 EDT | Actualisé 26/07/2012 05:12 EDT

Somalie: les shebab, défaits à Afgoye, menacent d'intensifier la guerre

Les insurgés islamistes shebab liés à Al-Qaïda ont menacé samedi d'intensifier leur guerre contre le gouvernement somalien et les troupes de l'Union africaine (UA), après la chute de leur bastion dans la localité-clé d'Afgoye, à 30 km de la capitale Mogadiscio.

"Nous allons continuer la guerre et nous allons gagner la bataille sans aucun doute", a déclaré cheik Abdiaziz Abu Musab, porte-parole des islamistes shebab, récemment intégrés au reseau terroriste Al-Qaïda, au lendemain de l'entrée des troupes gouvernementale somaliennes et de l'UA dans la ville d'Afgoye.

Le gros des combattants shebab a quitté Afgoye devant l'avancée d'une colone de centaines de soldats somaliens et de l'UA, qui ont lancé assaut longtemps annoncé sur la ville, qui constitue un carrefour stratégique vers le nord, l'ouest et le sud somaliens.

La perte d'Afgoye constitue un nouveau revers pour les insurgés islamistes shebab, déjà contraints d'abandonner Mogadiscio en août dernier, et confrontés à la pression d'une offensive militaire régionale dans le reste du centre et sud du pays, où les armées éthiopienne et kényane interviennent aussi depuis fin 2011.

"Les combattants moudjahidine ont opéré un retrait stratégique de certaines positions mais cela ne signifie pas une défaite", a ajouté le porte-parole des shebab. "Nous avons déjà coupé leurs routes d'approvisionnement et infligé de lourdes pertes à l'ennemi", a encore affirmé le cheik Musab.

Plus de 400.000 personnes déplacées vivaient encore au début de l'année entre Afgoye et Mogadiscio, après avoir fui les combats, la sécheresse et la famine ailleurs en Somalie, ce qui faisait de ce secteur la zone la plus importante de personnes déplacées au monde.

"Nous ne savons pas ce qui va suivre, mais pour l'instant les troupes de l'UA et somaliennes contrôlent la ville", a déclaré un habitant d'Afgoye, Abdirahman Diriye. Il a ajouté que la région était calme, mais que deux civils avaient été tués par des hommes armés dans la nuit de vendredi à samedi.

"Si la situation reste calme comme à présent, la vie pourra continuer normalement", estime Ahmed Saney, un autre habitant, "mais si les combats reprennent, je pense que beaucoup de gens vont quitter Afgoye", ajoute-t-il.

Le coordinateur humanitaire de l'ONU pour la Somalie, Mark Bowden, avait cette semaine lancé "un appel à toutes les parties pour qu'elles s'efforcent de minimiser l'impact du conflit sur les civils et permette un accès humanitaire total aux personnes dans le besoin" autour d'Afgoye.

6.200 personnes ont fui cette localité et ses environs depuis le début de l'offensive mardi, en très grande majorité pour se rendre à Mogadiscio où la situation revient lentement à la normale depuis le départ des shebab il y a dix mois, selon un décompte vendredi du bureau du Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés chargé de la Somalie.

Des tirs d'armes et d'artilleries sporadiques pouvaient être entendus samedi matin dans les secteurs d'Elasha et Sinka-Dehr, situés entre Afgoye et Mogadiscio.

"Les troupes (de l'armée somalienne) contrôlent totalement tout le corridor d'Afgoye, mais il y a encore quelques insurgés désespérés près d'Elasha et bientôt, ils seront éliminés si ils ne se rendent pas", a déclaré un commandant somalien, Muktar Mohamed.

L'armée somalienne a par ailleurs nié avoir subi de lourdes pertes, comme l'affirment les shebab.

Après avoir été chassés de Mogadiscio, les shebab s'étaient repliés sur Afgoye d'où ils menaient des attaques contre la capitale et les responsables militaires estiment que ces attaques vont à présent cesser.

Sur un autre front, les troupes somaliennes ont progressé vers la ville de Balad, à 35 km au nord de Mogadiscio, tenue par les shebab.

Rongée par plus de 20 ans de guerre civile, et sans gouvernement effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991, la Somalie doit accoucher d'ici le 20 août de nouvelles institutions pour remplacer les actuels gouvernement et parlement de transition en place depuis plusieurs années.

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