MONTRÉAL - Le tintamarre de casseroles s'est fait entendre une fois de plus à Montréal, samedi soir. Sans les fortes averses et les orages de la veille.
Les Montréalais ont ressorti leurs moules à gâteau, louches et autres outils du genre pour marteler du métal, aux environs de 20 h à la Place Émilie-Gamelin, au centre-ville. Et une fois de plus ils n'étaient pas les seuls, car bon nombre de leurs confrères d'autres villes et régions du Québec ont fait de même.
Des parents aux universitaires fraîchement diplômés en passant par des personnes âgée, des adolescents et même quelques bébés, la foule bigarrée s'était réunie pour s'opposer à la hausse des droits de scolarité mais aussi pour exprimer un ras-le-bol face au gouvernement Charest.
Les centaines de manifestants réunis à la place Émilie-Gamelin ont servi un nouveau pied-de-nez à la loi 78, adoptée la semaine dernière à l'Assemblée nationale, en ne divulguant pas leur itinéraire aux autorités. Le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) n'a d'ailleurs pas tardé à déclarer la manifestation illégale, vers 20 h 30. Les percussionnistes d'un soir n'en ont que redoublé d'ardeur, frappant à qui mieux mieux sur leur casserole, avant de quitter la place pour remonter la rue Saint-Denis vers le nord.
Les familles étaient nombreuses à cette 33e manifestation nocturne à Montréal, affirmant vouloir profiter du mouvement pour politiser leur progéniture et défendre leurs convictions.
Samedi soir, une dizaine de manifestations de casseroles étaient tenues dans la métropole en plusieurs endroits, et toutes avaient été déclarées illégales en vertu de violations des règlements municipaux, a indiqué le SPVM.
Du côté de la capitale nationale, quelques centaines de personnes s'étaient réunies pour frapper sur leurs chaudrons légalement, les organisateurs ayant transmis leur itinéraire aux policiers après avoir procédé à un vote à main levée.
Le succès des rassemblements de casseroles s'est répandu comme une traînée de poudre au courant de la semaine dans les quartiers d'Hochelaga-Maisonneuve, de Villeray ou de Rosemont, entre autres, avant de s'élargir un peu partout dans la province. Se contentant d'un boucan de balcon d'une quinzaine de minutes chaque soir, le mouvement a pris de l'ampleur et s'est transformé en manifestation dans les rues pendant quelques heures.



CP | Par Laurence Hallé, La Presse Canadienne Publication: 26/05/2012 22:08 Mis à jour: 26/05/2012 23:20