NOUVELLES

Le parfum du sud des Etats-Unis continue de flotter sur Cannes

26/05/2012 10:38 EDT | Actualisé 26/07/2012 05:12 EDT

CANNES, France - Le parfum du sud des Etats-Unis ne s'est pas dissipé samedi au dernier jour de compétition du 65e Festival de Cannes. Après "Paperboy", "Cogan, la mort en douce", "Les bêtes du sud sauvage" ou encore Des hommes sans loi", "Mud" de Jeff Nichols vient enrichir la vague de ces films de plus en plus tournés dans ce Deep South lové le long du golfe du Mexique.

Avec le Texan Matthew McConaughey (déjà à Cannes pour "Paperboy") et la Louisianaise Reese Witherspoon, Nichols, un natif de l'Arkansas vivant à Austin (Texas), narre la rencontre entre deux ados, Ellis et Neckbone, et Mud, un meurtrier présumé traqué par des chasseurs de primes qui s'est réfugié sur une île au milieu du Mississippi.

Nichols, qui s'était fait remarquer l'an passé avec "Take Shelter", primé à la Semaine de la critique et à Deauville, n'a pas caché avoir puisé son inspiration auprès de Mark Twain et du classique "Huckleberry Finn" ("Si vous devez pomper sur quelqu'un, autant que ce soit quelqu'un d'intelligent. Et j'ai donc pompé sur Mark Twain", glisse-t-il).

Mais le réalisateur va bien sûr plus loin, en décortiquant les relations d'amour ou de non-amour, qu'elles soit filiales, maritales ou autres. "Ce film parle d'amour, mais surtout de notre capacité à supporter un amour non partagé et à en sortir intact, voire même transcendé", explique-t-il. Cet amour sans retour, "je me suis dit que ce serait intéressant de l'observer à travers les yeux d'enfant d'Ellis. L'histoire tourne autour de ce garçon. Il cherche désespérément un amour qui fonctionne".

Affrontant bravement une salle de presse surchauffée en dépit d'une grossesse avancée, Reese Witherspoon a confié ne pas avoir hésité à dire oui à Nichols en raison de la proximité du sujet et du lieu. "J'ai (...) eu l'impression d'être chez moi, et c'est rare à l'écran. Peu de films montrent le Sud des Etats-Unis tel qu'il est réellement. En général, je n'accepte pas ce type de rôle, mais quand j'ai lu le scénario, j'ai été rassurée de savoir que ce film allait sonner vrai".

De l'amour, il n'en est guère question chez le Sud-coréen Im Sang-soo, qui revient à Cannes deux ans après "The Housemaid". Une fois encore, à travers le prisme des relations de travail, le cinéaste asiatique explore le pouvoir et l'argent, avec le mépris des faibles pour rejeton. Dans "L'ivresse de l'argent", qui conte le parcours du jeune secrétaire particulier de la puissante patronne d'un groupe industriel, il dissèque de façon glaçante et crue une société (pas seulement sud-coréenne) où la morale se dissout dans le lucre.

Le film "traite en fait de l'ivresse du pouvoir, un pouvoir capable de contraindre les gens à courber l'échine sans se rebeller. Certains sont complètement démunis en pareille situation, mais quelle satisfaction peut-on bien trouver à les piétiner de la sorte? Mépriser ouvertement son prochain peut-il suffire à rendre quelqu'un heureux?", confie Im. Pour lui, "le monde court à sa perte à cause du mépris de ceux qui détiennent le pouvoir pour ceux qui en sont privés".

Le jury présidé par le cinéaste italien Nanni Moretti se retirera ensuite pour délibérer. Son palmarès sera annoncé dimanche soir lors de la cérémonie de clôture présentée par l'actrice Bérénice Bejo.

PLUS:pc