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La plongeuses Émilie Heymans s'assure son laissez-passer pour Londres

26/05/2012 12:09 EDT | Actualisé 26/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - L'expérience a fait toute la différence lors de l'épreuve de sélection canadienne au tremplin de 3 mètres dames en vue des Jeux olympiques de Londres.

La triple médaillée olympique Émilie Heymans devait absolument l'emporter pour s'assurer sa place dans cette épreuve individuelle aux jeux. Très concentrée, la plongeuse de 30 ans a survolé la compétition grâce à une performance sans faille, samedi, à la piscine du Centre sportif du Parc olympique. Ses rivales ont rapidement compris qu'elles auraient à patienter quatre autres années avant d'obtenir leur chance.

Heymans, du club de Pointe-Claire, a totalisé 685,35 points, devançant Pamela Ware, d'Ottenburn Park (617,85) et Emma Friesen, de North Vancouver (573,45).

Habituée à la pression des grands rendez-vous, la plongeuse originaire de Saint-Lambert n'a jamais été menacée au fil de la journée.

«Les sélections, c'est une compétition tellement différente des autres, avec beaucoup de pression, que c'est encore plus stressant que de plonger aux Jeux olympiques, a raconté Heymans, tout sourire aux abords de la piscine après sa performance. On pu le constater en préliminaires ce matin alors que plusieurs filles ont éprouvé des difficultés.

«Personnellement, ce sont mes quatrièmes sélections olympiques, je savais à quoi m'attendre. C'est là qu'on voit que l'expérience peut vraiment faire une différence.»

Heymans était pratiquement assurée de la victoire à l'issue des préliminaires en vertu d'une avance de 45 points sur sa plus proche rivale. Mais la principale intéressée n'a rien pris pour acquis.

«Ma philosophie est que rien n'est jamais fini avant le dernier plongeon. J'étais consciente que ce serait difficile de me rattraper. Mais je voulais offrir l'une de mes meilleures performances en finale.»

La Lavalloise Jennifer Abel, sélectionnée d'office pour les jeux grâce à ses résultats antérieurs, n'a pas participé à ces sélections mais elle a accueilli avec larmes la sélection de sa coéquipière. Les deux feront équipe au 3m synchro à Londres.

«Comme nous formons un duo, nous avons un lien très fort et Jenn est une fille très émotive, a expliqué Heymans. Comme elle n'avait pas à participer à la compétition, elle a vécu son stress d'une façon différence, le transposant sur moi.»

À la tour de 10m chez les hommes, Riley McCormick de Victoria a décroché la seule place assurée du Canada pour les Jeux de Londres. Il a été aussi dominant que Heymans avec une récolte de 979,80 points, soit plus de 100 points que son plus proche poursuivant.

Le Canada pourrait déléguer un deuxième plongeur dans cette épreuve selon la décision que rendra la FINA, le 9 juin. Dans un tel cas, Eric Sehn serait l'heureux élu, ayant terminé deuxième.

Nervosité

Même si toutes les plongeuses inscrites à ces sélections étaient susceptibles de décrocher la dernière place disponible au 3m avec une victoire, Pamela Ware semblait la plus susceptible de contrecarrer les ambitions de Heymans.

L'athlète de 18 ans, à sa première année chez les seniors, a accumulé les bonnes performances cette année. Mais elle a craqué sous la pression.

«Je n'ai jamais été nerveuse comme ça, a-t-elle confessé. J'ai éprouvé de la misère à dormir. J'étais donc extrêmement fatiguée ce matin. Mais je ne pense pas que c'est pour ça que j'ai mal plongé. Ce sont des choses qui arrivent.»

Heymans est bien placée pour la comprendre car elle a vécu une situation aussi stressante en 2000, lors des sélections canadiennes pour les Jeux de Sydney. Elle avait alors entrepris la finale avec quelques dixièmes de points d'avance sur Myriam Boileau. Elle s'était finalement imposée pour obtenir sa première sélection olympique.

Elle estime par ailleurs avoir offert sa meilleure performance depuis les championnats du monde, l'été passé, à Shanghai, en Chine.

«Je n'ai fait aucune erreur majeure, tant en préliminaires qu'en finale aujourd'hui. C'est vraiment satisfaisant car j'ai plongé comme j'en suis capable. J'ai vraiment mis le doigt sur un problème.»

Elle a expliqué qu'elle avait tendance à se concentrer un peu trop longtemps sur le tremplin.

«Je devenais un peu confuse et je me perdais dans mes éléments techniques. Aujourd'hui, je me suis dit je fais comme à l'entraînement et j'y vais sans moment d'hésitation. Je vais utiliser la même stratégie aux Jeux.»

À Londres, Heymans pourrait devenir la première athlète canadienne à remporter une médaille lors de quatre Jeux olympiques d'affilée. A ses premiers jeux en 2000, elle avait mérité la médaille d'argent au 10 mètres synchro en compagnie d'Anne Montminy à Sydney. Quatre ans plus tard à Athènes, elle a uni ses efforts à ceux de Blythe Hartley pour le bronze, toujours à la tour synchro. Puis, elle a mérité sa première médaille olympique individuelle à Pékin en 2008, s'assurant l'argent au 10m. Elle a également été sacrée championne du monde en 2003.

Les sélections se poursuivent dimanche avec les épreuves au 3 mètres messieurs et à la tour 10 mètres chez les dames. Rappelons que Alexandre Despatie a déjà sa place avec l'équipe canadienne.

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