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Egypte: scrutin "encourageant" malgré "contraintes" sans précédent (Carter)

26/05/2012 10:09 EDT | Actualisé 26/07/2012 05:12 EDT

L'ancien président américain Jimmy Carter, venu à la tête d'une délégation du Centre Carter observer la présidentielle égyptienne, a affirmé samedi que le processus avait été "encourageant" en dépit de "contraintes" sans précédent imposées aux observateurs.

"Je dirais que pour moi ces (élections) ont été encourageantes", a déclaré M. Carter lors d'une conférence de presse, tout en faisant état de "contraintes (...) jamais imposées auparavant" aux observateurs de son organisation.

Dans un communiqué, le Centre Carter a affirmé que sa délégation n'avait par exemple pas été autorisée à observer le dépouillement dans les centres régionaux, ce qui avait "porté atteinte à la transparence générale du processus".

"Nous n'avons pas le moyen de certifier que l'ensemble du processus était convenable", a souligné M. Carter.

L'ancien président a indiqué que cela avait été "difficile pour lui" d'accepter ces restrictions, qui se sont également traduites par une limite de temps de présence accordée dans les bureaux de vote.

En général, néanmoins, "il n'y a pas eu de signe (...) montrant que la procédure ait favorisé un candidat en particulier", a-t-il ajouté, qualifiant les irrégularités de "fortuites".

Parmi elles, le Centre Carter a constaté que le secret du vote avait été compromis dans environ un tiers des bureaux de vote, en raison de l'agencement des lieux, de la présence massive de votants ou du fait que certains électeurs révélaient eux-mêmes leur choix.

Le Centre a également fait état de l'ouverture tardive et de la fermeture anticipée de certains bureaux et du fait que n'était pas systématiquement vérifié que l'électeur avait de l'encre indélébile sur un des doigts, preuve qu'il avait déjà voté.

"Il y a eu de nombreuses irrégularités et je pense que chacune d'elles est sérieuse, mais collectivement elles n'ont pas affecté l'intégrité de l'élection", a affirmé M. Carter.

Il a souligné que certains aspects du scrutin l'avaient impressionné, notamment le dépouillement "très bien orchestré" qui avait eu lieu dans les bureaux de vote, avant que les bulletins soient de nouveau comptés dans les centres régionaux.

Le premier tour de la présidentielle, la première depuis la chute en février 2011 de Hosni Moubarak, a eu lieu mercredi et jeudi.

Le second tour, prévu les 16 et 17 juin, devrait opposer le Frère musulman Mohammed Morsi et le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq.

En janvier, Jimmy Carter avait estimé que le déroulement des législatives, premières élections depuis la chute du président Moubarak, était satisfaisant, soulignant qu'en dépit de "quelques problèmes", "la volonté des gens (avait) pu s'exprimer convenablement".

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