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Conflit étudiant: les négociations pourraient commencer dès lundi

26/05/2012 12:53 EDT | Actualisé 26/07/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - Les associations étudiantes en ont assez de tourner autour du pot: elles veulent désormais négocier avec la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et elles pourraient le faire dès lundi.

La porte-parole de la Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ), Martine Desjardins, est catégorique: tant qu'on évitera «l'enjeu principal» qu'est la hausse des droits de scolarité, il n'y aura pas de sortie de crise.

En attendant samedi une confirmation de Mme Courchesne quant à la tenue de pourparlers lundi, Mme Desjardins s'est gardée de parler de stratégie commune entre les trois associations étudiantes (FEUQ, Fédération étudiante collégiale du Québec et Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante).

Elle reconnaît toutefois que les trois organisations préparent des solutions, qu'elles ont établi une «certaine collaboration» au cours des derniers mois et qu'elles prévoient se rencontrer une fois qu'elles connaîtront la date exacte de la rencontre avec la ministre de l'Éducation.

Mme Desjardins ne considère pas que ces négociations représentent une dernière chance, mais admet que de «nombreuses possibilités» ont été épuisées et précise que les porte-parole ne souhaitent pas étirer le conflit pendant de nombreuses semaines.

La FEUQ a par ailleurs demandé à ce que le premier ministre Jean Charest assiste à ces négociations, mais n'en fait pas une condition.

Mme Desjardins croit que la présence de M. Charest pourrait permettre d'accélérer le processus, mais doute de sa capacité à enrichir le débat.

Le président de la Fédération étudiante collégiale du Québec (FECQ), Léo Bureau-Blouin, est pour sa part revenu sur une déclaration reprise par bon nombre de médias selon laquelle il serait prêt à accepter une certaine hausse des droits de scolarité. Selon la CBC, M. Bureau-Blouin aurait en effet reconnu que les étudiants étaient prêts à faire des compromis si le gouvernement faisait de même.

En entrevue à La Presse Canadienne, M. Bureau-Blouin a précisé qu'il parlait plutôt de la nécessité d'une sortie de crise, et que «chaque acteur doit faire son bout de chemin». «Il y a des titreurs qui ont écrit que nous étions prêts à accepter une augmentation des droits de scolarité, mais l'appel que nous faisons est un appel au compromis, pas un appel à courber l'échine», a-t-il précisé.

S'il n'a pas voulu indiquer la nature des compromis que la FECQ serait prête à faire, il a toutefois souligné qu'il était important que le gouvernement «bouge» sur la question des droits de scolarité. «Si le gouvernement accepte de bouger, il y a peut-être une zone où l'on peut s'entendre.»

Le président de la FECQ a également mentionné que des discussions avaient lieu entre les différents regroupements étudiants pour s'entendre sur une stratégie commune. La question de la loi spéciale, «une épée de Damoclès qui pend au-dessus de la tête des fédérations étudiantes», pourrait également être abordée.

La Coalition large de l'association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) tenait samedi une réunion de ses associations membres. Selon Radio-Canada, celle-ci aurait été annulée, faute d'un nombre suffisant de participants. Au dire de la co-porte-parole Jeanne Reynolds, toutefois, il s'agissait plutôt d'une «rencontre informelle».

«Il y a peut-être eu des petits problèmes de dernière minute, mais il y a [malgré tout] eu des discussions entre les associations étudiantes qui étaient présentes», a-t-elle déclaré, avant d'ajouter qu'aucune «grande décision» n'avait été prise lors de cette réunion.

Mme Reynolds.a souligné que le quorum qu'il est nécessaire d'atteindre lors d'une réunion formelle de la CLASSE était «d'un peu plus que la moitié» des 65 associations membres de la coalition. La co-porte-parole dit toutefois «ne pas avoir compté» le nombre d'associations présentes lors de la rencontre de samedi.

Si divers médias font état d'une rencontre lundi entre le gouvernement et les principales associations étudiantes, du côté de la CLASSE, ont dit ne pas avoir reçu de confirmation en ce sens.

«Nous avions reçu un appel [du gouvernement] pour nous signaler qu'il y aurait d'éventuelles discussions, mais sans plus de détails. Nous attendons donc toujours des nouvelles à ce sujet pour savoir s'il y aura vraiment des discussions... si c'est simplement pour faire bonne façade dans l'espace public, ou s'il y a vraiment, du côté du gouvernement, une volonté de trouver une solution.»

Mme Reynolds dit d'ailleurs espérer que le gouvernement n'utilise pas à nouveau le «manège» consistant à écarter la CLASSE au profit de la FECQ et de la FEUQ.

«[Cette méthode] a été fortement utilisée durant la grève par Mme Beauchamp; cela me surprendrait que cette stratégie soit encore utilisée», a-t-elle ajouté.

Du reste, la CLASSE ne fléchit pas: la hausse des droits de scolarité et la loi 78 devront ainsi être abordés lors d'éventuelles discussions avec le gouvernement, soutient Mme Reynolds, qui confirme que la coalition «visera à aller le plus possible dans le sens» d'une annulation de la hausse et d'une suspension de la loi spéciale.

Sur le plan électoral, Mme Desjardins a étouffé un rire lorsqu'elle a été questionnée sur un sondage CROP-La Presse indiquant que le Parti Québécois (PQ) pourrait diriger un gouvernement minoritaire si des élections avaient eu lieu cette semaine.

«De voir que ce ne serait pas le Parti libéral qui serait élu, c'est déjà une bonne nouvelle!», lance-t-elle. Mais est-ce que le PQ écouterait plus les jeunes? Ça reste à voir. Tant que ce n'est pas les libéraux, quoique les caquistes ont appuyé la loi 78.»

Chose certaine, les associations étudiantes se promettent d'encourager les jeunes à voter aux prochaines élections.

«Nous avons ciblé des comtés plus faibles», explique Mme Desjardins, en précisant que la FEUQ ne prévoit pas s'associer à aucun parti.

«Nous mettons un peu plus de pression sur les députés libéraux dans les régions où la lutte avait été plus chaude aux dernières élections. Les jeunes vont se souvenir des choix qui ont été faits par les libéraux pour les jeunes», promet-elle.

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