La CLASSE veut parler de la loi 78 lors des prochaines négociations

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JEANNE REYNOLDS
La co-porte-parole de la CLASSE, Jeanne Reynolds, au congrès du 26 mai. | Radio-Canada.ca

Interviewée en marge d'une réunion de la Coalition large de l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE), qui se tenait samedi matin à l'Université de Sherbrooke, la coporte-parole de l'organisation, Jeanne Reynolds, a déclaré que la loi spéciale 78 serait abordée en priorité dans le cas d'une nouvelle session de négociations.

« Pour nous, c'est clair que la première chose qu'on met sur la table c'est la loi 78, parce que c'est quelque chose de très contraignant, très répressif, et on espère la voir suspendue », a-t-elle expliqué.

Mme Reynolds a précisé que la CLASSE attendait toujours des nouvelles du gouvernement en vue d'éventuelles négociations avec les étudiants. Elle s'est d'ailleurs demandé si la volonté du gouvernement de négocier était sincère ou s'il s'agissait d'un nouveau « coup médiatique ».

Les conditions à mettre sur la table faisaient aussi partie des discussions du congrès de la CLASSE. Aucune décision n'a été prise cependant, faute de quorum.

En entrevue à RDI, l'autre coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois, a expliqué que des « problèmes logistiques de transport » avaient empêché des délégués de Montréal de se rendre au congrès. Par préoccupation démocratique, le congrès est donc devenu une réunion plus informelle permettant de faire un bilan. Un congrès en bonne et due forme devrait toutefois avoir lieu la semaine prochaine, a affirmé M. Nadeau-Dubois.

Entre-temps, des représentants de la CLASSE ont déjà obtenu le mandat de participer à toute rencontre qui serait convoquée par le gouvernement. M. Nadeau-Dubois a expliqué qu'aucune invitation précise n'avait encore été lancée par Québec.

Interrogée sur la poignée de main échangée vendredi soir entre la ministre de l'Éducation, Michelle Courchesne, et les trois leaders étudiants, Mme Reynolds a affirmé que ce n'était, à son avis, qu'un geste de politesse. À la même question, M. Nadeau-Dubois a répondu espérer que ce soit une preuve de la sincérité du gouvernement dans sa volonté d'ouvrir un dialogue avec les représentants étudiants.

Considérée comme l'association la plus « radicale », la CLASSE avait invité les citoyens à défier la loi 78, lundi dernier, parce qu'elle constitue « une attaque frontale aux droits fondamentaux et inaliénables que sont la liberté d'expression, d'association et de manifestation ».

L'association étudiante avait du même coup annoncé le lancement du site Arretezmoiquelquun.com et invité les citoyens à y afficher publiquement leur intention de désobéir à la loi 78. Vendredi, des associations étudiantes, syndicales, communautaires et environnementales du Québec ont déposé deux requêtes visant à contester la loi 78.

En réponse à l'offre du gouvernement, la CLASSE a proposé quatre mesures, dont taxer le capital pour financer la gratuité scolaire.