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Christine Lagarde juge que les Grecs ont moins besoin d'aide que les enfants du Niger

26/05/2012 10:10 EDT | Actualisé 26/07/2012 05:12 EDT

LONDON - Les petits enfants du Niger attendrissent davantage Christine Lagarde que les Grecs accablés par l'austérité. Dans un entretien au "Guardian", la patronne du FMI préfère rappeler que la fraude fiscale fait partie des facteurs à l'origine des difficultés actuelles de la Grèce.

"Les Grecs doivent aussi s'entraider collectivement" en payant leurs impôts par exemple, souligne la directrice générale du Fonds monétaire international dans cet entretien publié samedi dans le quotidien britannique. L'ancienne ministre française de l'Economie sous-entend clairement que le FMI n'a pas l'intention d'assouplir les conditions drastiques imposées à la Grèce en échange de l'aide internationale destinée à éviter une faillite du pays.

Si la directrice générale du FMI se dit consciente que nombre de Grecs souffrent de la crise économique et des mesures d'austérité et ont dû mal, par exemple, pour avoir accès aux soins. Mais "je pense plus aux petits enfants d'une école d'un petit village du Niger qui ont classe deux heures par jour, en partageant une chaise à trois, et qui ont très envie de pouvoir étudier", confie-t-elle. "Je les garde tout le temps à l'esprit. Parce que je pense qu'ils ont encore plus besoin d'aide que les gens à Athènes".

Et la patronne du FMI de rappeler que la fraude fiscale fait partie des principaux facteurs à l'origine des difficultés économiques et financières du pays. "Alors vous savez quoi? En ce qui concerne Athènes, je pense aussi à tous ces gens qui essayent tout le temps d'éviter de payer des impôts", explique Mme Lagarde, pour qui les Grecs devraient "aussi s'entraider collectivement" en payant leurs impôts.

Depuis mai 2010, la Grèce, précipitée au bord de la faillite par la crise de la dette, a dû demander deux plans de sauvetage de l'Union européenne et du FMI pour quelque 240 milliards d'euros. En échange, elle a dû accepter d'engager des réformes et mesures d'austérité drastique pour tenter d'assainir ses finances.

Ces mesures qui pèsent sur l'économie sont de plus en plus durement supportées par la population, comme en témoigne le résultat des dernières élections législatives, le 6 mai, marquées par la montée des partis qui refusent l'austérité et dénoncent les conditions imposées par les créanciers du pays. Le parti de la gauche radicale Syriza, qui veut annuler les conditions des accords de sauvegarde, est ainsi devenu la deuxième force politique en Grèce. L'émiettement des forces représentées au Parlement a empêché la formation d'une coalition gouvernementale et la Grèce doit revoter le 17 juin, une incertitude politique qui pourrait compromettre la poursuite de l'aide internationale et fait planer la menace d'une sortie de la Grèce de la zone euro. AP

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