NOUVELLES
25/05/2012 11:01 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Un homme retrouve une 24e seringue souillée à Sherbrooke, il n'est pas blessé

MONTRÉAL - Une 24e seringue souillée a été retrouvée dans un commerce de détail, à Sherbrooke, jeudi soir.

Un homme qui essayait des vêtements au magasin La Baie du Carrefour de l'Estrie a aperçu la seringue dans un pantalon, mais il ne s'est pas blessé.

Deux enquêteurs du Service de police de Sherbrooke (SPS) se consacrent désormais à temps plein à la résolution du dossier, qui avance à très petits pas.

Au dire du porte-parole du SPS Martin Carrier, les policiers «nagent encore en plein mystère».

Au total, 20 dossiers ont été ouverts au SPS, 24 seringues ont été retrouvées et huit personnes ont été blessées.

Fait rassurant, toutefois, l'infectiologue Jacques Pépin du Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke a déclaré il y a quelques semaines que les risques que les personnes blessées aient contracté le virus du VIH sont d'environ un sur 1500, au maximum.

En entrevue à La Presse Canadienne, il a expliqué qu'un travailleur de la santé qui se pique avec l'aiguille d'un patient qu'il sait infecté par le VIH s'expose à un risque sur 300 d'avoir été contaminé. Or, les traitements préventifs permettent de réduire ces risques de 80 pour cent, les faisant passer à un sur 1500.

Et puisque les seringues trouvées à Sherbrooke ne contiennent peut-être pas de sang contaminé, ces risques s'en trouvent réduits.

Le Dr Pépin a également indiqué que les personnes qui pourraient avoir été infectées reçoivent une bithérapie, une combinaison de deux médicaments qui agissent sur le VIH.

L'attente de six mois avant de pouvoir confirmer l'infection est quant à elle due au fait que les médecins doivent observer le développement d'anticorps du VIH, et non l'apparition du virus lui-même.

«Nous devons répéter la mesure d'anticorps à plusieurs reprises», a expliqué l'infectiologue, qui a consacré de nombreuses études aux origines du sida. «Les anticorps peuvent prendre plusieurs semaines avant de se développer, et il y a un délai avant que la concentration soit assez élevée pour être détectée.»

Entre-temps, les policiers s'attèlent au contenu des caméras de surveillance.

À la mi-mai, des seringues dissimulées dans des vêtements ont été découvertes à la boutique Intersport du Carrefour de l'Estrie. Souillées et sans capuchon, elles étaient dissimulées dans des pantalons ou des shorts.

Depuis janvier, d'autres seringues ont également été découvertes dans les magasins Hart, Zellers et Sears de ce même centre commercial, ainsi qu'au Zellers des Galeries Quatre Saisons, dans l'est de la ville.

L'analyse des trois premières seringues retrouvées a permis de conclure qu'elles contenaient le sang d'une même personne.

Des seringues souillées présentent des risques de contamination au VIH, à l'hépatite B et à l'hépatite C. Selon le Dr Pépin, le virus du VIH survit «quelques jours» dans une seringue.

PLUS:pc