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Syrie: les militants pro-démocratie appellent à manifester à Damas

25/05/2012 05:35 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Les militants anti-régime appellent à manifester vendredi en Syrie, où l'Armée syrienne libre (ASL), essentiellement composée de militaires dissidents passés à l'opposition, a affirmé que son objectif premier était la protection des défilés pacifiques.

Sur le terrain, six civils ont encore été tués par les troupes, déterminées à mater dans le sang la révolte populaire qui secoue le régime du président Bachar al-Assad depuis mars 2011.

Dans la province de Hama, quatre personnes ont été tuées "alors qu'elles gardaient leur ferme", selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), qui ajoute que deux autres civils ont péri à Hama même et dans la province de Deraa (sud).

En outre, l'armée bombardait dans la matinée le quartier de Jobar à Homs (centre), selon une vidéo mise en ligne par des militants montrant des colonnes de fumée blanche qui s'élevaient tandis que résonnaient de fortes explosions.

Ce vendredi, les manifestations, placées sous le slogan "Notre prochain rendez-vous, Damas", appellent à intensifier la contestation dans la capitale, quadrillée par les agents de sécurité.

Depuis le début de la révolte, les localités et quartiers périphériques de Damas sont à la pointe de la contestation --notamment Douma, Harasta, Mouadamiyé, et plus récemment Zabadani, Barzé-- tandis que le centre reste peu touché, les mesures de répression y étant particulièrement intenses.

Plus de quatre millions de personnes vivent à Damas et ses banlieues.

Plusieurs manifestations ont eu lieu à l'aube dans les quartiers populaires de Tadamone, Fahamé, Tabbalé, al-Assali et Jobar pour rendre hommage à l'ASL et réclamer la chute du régime.

"Le quartier Tadamone ne pliera pas", indiquait une pancarte portée par les manifestants. A Tabbalé, ils ont appelé les "cheikhs de Damas à s'éloigner du régime", selon des vidéos postés par les militants.

"L'Armée syrienne libre arrive, fuyez, vous les lâches 'chabbiha'!", indique une pancarte dans le quartier rebelle d'al-Assali, en référence aux milices civiles du régime.

Des manifestants ont également défilé dans les quartiers historiques de Midane et Roukneddine, selon des vidéos.

Alep (nord) a également connu des rassemblements dans plusieurs quartiers, selon l'OSDH. La deuxième ville de Syrie, poumon économique du pays longtemps resté à l'écart de la révolte, a connu récemment ses "plus importantes manifestations" depuis le début du soulèvement, selon des militants.

L'Armée syrienne libre (ASL) a annoncé jeudi s'être dotée d'un statut lui fixant comme objectif prioritaire d'"aider le peuple syrien à se libérer" du régime, selon des documents obtenus par l'AFP.

L'ASL, créée en juillet en 2011 et qui rassemble des milliers de déserteurs, a précisé que sa mission était de "protéger les manifestations pacifiques" et de "traduire devant des tribunaux internationaux des auteurs de crimes de guerre contre le peuple syrien".

Sur le plan politique, un communiqué des habitants de Midane a dénoncé l'élection jeudi du président du nouveau Conseil du peuple (Parlement). "Jihad Lahham, président du Conseil des traîtres, ne représente pas les habitants de Midane, qui n'oublieront pas ses actes vils et bas, ni sa coopération avec les gangs d'Assad", indique le texte mis en ligne.

Le Parlement élu lors des législatives du 7 mai --organisées sur fond de violences, raillées par l'étranger et boycottées par l'opposition-- est désormais dominé par le parti Baas au pouvoir depuis près d'un demi-siècle, selon un site d'information proche du pouvoir, qui a affirmé que plus de la moitié des députés en était issus.

Par ailleurs, Burhan Ghalioun, chef démissionnaire du Conseil national syrien (CNS), a estimé que la principale coalition de l'opposition n'avait pas été "à la hauteur", expliquant avoir quitté ses fonctions notamment à cause de "divisions" entre islamistes et laïques.

"On n'a pas réussi à être à la hauteur des sacrifices du peuple syrien. C'est sûr, on n'a pas répondu assez rapidement et assez aux besoins de la révolution", a déclaré à l'AFP M. Ghalioun.

Sur le front international, des diplomates d'une soixantaine de pays ont étudié jeudi à Abou Dhabi un plan Marshall visant à éviter l'effondrement de l'économie syrienne en cas de chute du régime et de prise du pouvoir par le CNS.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), plus de 12.000 personnes ont péri en Syrie depuis mars 2011, en majorité des civils tués par les forces gouvernementales qui répriment dans le sang une contestation populaire inédite contre le régime.

bur-rm/sbh

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