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25/05/2012 03:21 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Renfort de police à Tel-Aviv après des manifestations anti-immigrés

La police israélienne a déployé vendredi des renforts dans le quartier défavorisé de Ha Tikva dans le sud de Tel-Aviv, où une manifestation a dégénéré en violences racistes mercredi contre quelque 60.000 immigrants clandestins africains.

"Une unité de garde-frontières comprenant 60 hommes ainsi que 40 policiers supplémentaires ont été déployés dans le sud de Tel-Aviv pour empêcher des désordres", a affirmé à l'AFP Micky Rosenfeld, le porte-parole de la police, en référence aux agressions contre des immigrés africains entrés illégalement via le Sinaï égyptien.

Certains des manifestants avaient attaqué et pillé des magasins tenus par des Africains, originaires pour la plupart du Soudan, du Soudan du Sud et d'Erythrée, et endommagé plusieurs voitures transportant des immigrés, selon la police, qui a arrêté 17 manifestants.

Un millier d'Israéliens avaient défilé aux cris de "Les Soudanais au Soudan" et autres slogans xénophobes.

Par ailleurs, le président du Parlement Réuven Rivlin, membre du Likoud, le parti du Premier ministre Benjamin Netanyahu, a dénoncé vendredi les propos de la députée du Likoud Miri Regev qui avait assimilé lors de la manifestation les immigrés illégaux à "un cancer".

"J'ai été choqué par ces déclarations. Je suis né au début de la Deuxième Guerre mondiale et ces propos m'ont rappelé les incitations à la haine contre le peuple juif", a affirmé M. Rivlin à la radio publique.

"Il ne faut en cas s'en prendre à l'ensemble d'une population", a-t-il ajouté, ajoutant qu'il fallait permettre de travailler à ces immigrés, qui n'ont le droit d'exercer aucune activité salariée en attendant qu'ils "soient ramenés dans leur pays".

Le ministre de l'Intérieur Elie Yishaï est en revanche totalement opposé au travail légal de ces immigrés et propose de les emprisonner avant de les expulser.

Le Premier ministre a condamné ces violences, affirmant qu'elles n'avaient "aucune place" en Israël.

"Nous achèverons la construction du mur d'ici quelques mois et nous commencerons bientôt à renvoyer les immigrés dans leurs pays d'origine", a promis M. Netanyahu, en référence à la clôture de 250 km qu'Israël est en train de construire le long de sa frontière avec l'Egypte.

Le président Shimon Pérès a jugé que la haine des étrangers était "contraire aux enseignements du judaïsme" et que la violence n'était "pas la solution".

jlr/sst/sbh

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