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25/05/2012 12:15 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Québec: les étudiants contestent la loi spéciale en justice

Les trois principales organisations étudiantes en conflit avec le gouvernement québécois ont déposé vendredi deux recours en justice contre la loi spéciale votée une semaine plus tôt et à laquelle elles reprochent de réduire la liberté d'expression et d'association.

"C'est la plus grande affaire constitutionnelle au Québec à cause du nombre de gens concernés", a déclaré l'un des leaders étudiants, Léo Bureau-Blouin, devant le palais de justice de Montréal, affirmant que 1,5 million de Québécois étaient directement touchés.

Au total, quelque 140 personnes issues de 25 organisations estudiantines, environnementales et syndicales, ainsi que d'unions d'artistes et de différentes communautés, ont présenté des requêtes devant la Cour supérieure du Québec.

Une requête, qui vise à bloquer l'application de la loi par la police, pourrait être examinée mercredi prochain. A aussi été faite une requête en nullité, dont l'examen est attendu début juin, ont précisé les dirigeants étudiants.

Le gouvernement du Québec, qui avait presque lui-même invité mercredi ses détracteurs à s'adresser aux tribunaux pour contester la loi, n'a pas été surpris par cette démarche.

"C'est intéressant que ça vienne entre autres d'une association qui se fout des décisions des tribunaux et qui s'adresse aux tribunaux", a déclaré le ministre des Finances de la province, Raymond Bachand, dans une allusion à l'organisation étudiante la plus radicale, la Classe.

"Lorsqu'on a un différend et qu'on n'accepte pas une situation ou une autre, il y a des moyens pour s'exprimer. Et ces moyens pour s'exprimer sont les élections", a dit pour sa part la ministre de la Culture, Christine St-Pierre.

"S'il y a des gens qui ne sont pas satisfaits, ne sont pas contents, eh bien qu'ils s'impliquent dans la vie démocratique et c'est comme ça qu'on peut faire changer les choses", a-t-elle ajouté.

A terme, la Cour suprême du Canada risque de devoir se prononcer sur la constitutionnalité de certaines dispositions de la loi contestée.

M. Bureau-Blouin a déclaré que ceux qui ont déposé ces requêtes ne cherchaient pas à "instrumentaliser la justice pour obtenir une victoire politique", mais étaient "sincèrement inquiets" du fait que la loi attaquait "les droits aussi importants que le droit à la liberté d'expression et le droit d'association ainsi que le droit de manifester pacifiquement".

Aux yeux du gouvernement de centre-droit de Jean Charest, la loi en question est entre autres destinée à encadrer la liberté de manifester pour garantir l'accès aux établissements universitaires des étudiants non-grévistes, souvent bloqués par des piquets de grève. Elle impose aussi aux manifestants de communiquer à la police leur itinéraire huit heures à l'avance et prévoit des amendes très élevées pour les contrevenants.

via-jl/lor

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