TORONTO - Alors que la crise sociale entourant le mouvement étudiant s'enlise au Québec, des étudiants et des syndicats de l'Ontario ont fait savoir qu'ils se jetteraient dans la mêlée pour protester, eux aussi, contre la hausse des droits de scolarité dans leur province.

Assurant qu'ils ne prônent pas la violence, ils ont toutefois prévenu que la révolte grondait chez les étudiants, qui sont frustrés de payer des frais très élevés pour leur éducation.

Une porte-parole de la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants, Sandy Hudson, a soutenu que tous étaient solidaires des étudiants québécois et de leurs revendications. Elle a ajouté qu'à leurs yeux, la meilleure façon de démontrer leur appui était de défier leur propre gouvernement.

Des étudiants ont déjà entrepris des actions à Ottawa et à Toronto, et d'autres groupes répartis à travers la province s'apprêteraient à se joindre à leur cause. Ils prévoient tenir une journée d'actions le 5 juin, organisant une manifestation à Toronto, de même que dans d'autres grandes villes ontariennes.

Questionnée sur une possible escalade de la violence, à l'instar de celle qui marque les manifestations nocturnes au Québec, Mme Hudson a assuré qu'elle souhaitait éviter que quiconque ne soit blessé au cours de la mobilisation. Son objectif, dit-elle, est plutôt d'en arriver à un système d'éducation post-secondaire accessible pour les Ontariens.

Mme Hudson a souligné que les étudiants décideraient eux-mêmes ce qu'ils voulaient faire, précisant du même souffle qu'elle doutait que le gouvernement ontarien puisse en arriver à une gestion similaire à celle du Québec dans ce dossier, compte tenu de l'usage excessif de la force par les policiers torontois qui avait marqué les manifestations du G20 en 2010.

Des étudiants de Colombie-Britannique ont eux aussi témoigné de leur solidarité avec ceux du Québec en condamnant la loi 78, qui impose des restrictions aux manifestations.

Le premier ministre ontarien Dalton McGuinty estime pour sa part que son gouvernement a aidé les étudiants ontariens, dont les frais d'études sont parmi les plus élevés au Canada, en leur octroyant un rabais de 30 pour cent.

Les étudiants de la province affirment toutefois que ce rabais s'applique seulement à un tiers des étudiants et que Queen's Park a augmenté les frais de scolarité peu de temps après l'entrée en vigueur de cette mesure.

«Il est pertinent de relever qu'en Ontario, bien que nous ayons des droits de scolarité plus élevés, notre taux d'inscription à l'éducation post-secondaire est lui aussi plus élevé», avait souligné jeudi le premier ministre McGuinty.

«Je pense que les familles ontariennes comprennent qu'au 21e siècle, dans un monde globalisé basé sur l'économie, il est crucial que nous fassions les efforts nécessaires pour s'assurer que les enfants obtiennent leur diplôme d'études secondaires et poursuivent au collège ou à l'université.»

C'est en Ontario que les étudiants paient la moyenne de droits de scolarité la plus élevée au Canada, selon Statistique Canada. Les étudiants inscrits à temps plein au premier cycle déboursent environ 6640 $, tandis que ceux du deuxième cycle en paient 7578 $. Les Québécois sont, avec des droits de scolarité atteignant 2519 $, ceux qui paient le moins en moyenne au Canada pour l'éducation post-secondaire.

Loading Slideshow...