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25/05/2012 01:26 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Les fonds d'investissement, nouveaux maîtres de la planète F1

L'introduction en Bourse de la Formule 1 a bien reçu le feu vert de la place financière de Singapour, selon des sources confidentielles, mais les fonds d'investissement ne sont pas forcément pressés de mettre ces actions sur le marché, s'ils sont déjà en F1, ou d'en acheter, s'ils n'y sont pas encore.

"Le marché n'a pas l'air très brillant après le petit problème de Facebook, donc je pense qu'ils (NDLR: les investisseurs potentiels intéressés par la F1) vont attendre et voir", a déclaré vendredi Bernie Ecclestone, le grand argentier de la F1, dans un entretien à CNN, la chaîne américaine d'informations en continu.

Très populaire auprès des internautes, le célèbre réseau social américain n'a pas fait de miracles après son entrée ultra-médiatisée à la Bourse de New York vendredi. L'action Facebook a perdu près de 11% lundi, à son deuxième jour de cotation, puis déclenché une controverse sur les marchés financiers.

La F1 n'en est pas encore là, même si l'agence de notation Standard & Poors a déjà indiqué qu'elle était "positive" pour une introduction, lui attribuant une note de B+ en raison de sa dette actuelle (plus de 1,5 milliards d'euros), à comparer à son chiffre d'affaires annuel: 1,17 milliard d'euros, selon le site internet de CVC Capital Partners qui détenait encore, récemment, les deux tiers du capital de la F1.

Depuis, il y a eu l'annonce que trois investisseurs, le fonds BlackRock, la société Waddell & Reed et une filiale (Norges Bank Investments Management) de la banque centrale de Norvège avaient acheté pour 1,25 milliards d'euros d'actions, selon l'agence Reuters. La transition est en marche, et elle est nécessaire, vu l'âge déjà avancé du capitaine Bernie (Ecclestone), 82 ans dans six mois.

Qu'en pensent les patrons d'écurie, dont certains ont déjà sauvé leur affaire et assuré leur avenir immédiat grâce à des fonds d'investissement ? C'est le cas de McLaren, détenu à 50% par Mumtalakat, un fonds bahreïni, de Mercedes, avec Aabar Investments basé à Abu Dhabi, de Lotus, propriété de Genii Capital, et de Force India, renforcé l'an dernier par l'arrivée de Sahara.

Interrogé à Monaco, en marge du Grand Prix de dimanche, Eric Boullier, le gérant du Lotus F1 Team, a donné son avis: "Ce sera bien pour la F1, parce que ça permettra de mettre en place tout un système de management qui devra se structurer pour répondre aux demandes des actionnaires. La multiplication des actionnaires, avec cette mise en Bourse, va permettre de changer la perception de la F1".

"On parle souvent de nébuleuse de la F1 et on montrera que c'est sur la place publique", a ajouté Boullier, en pesant chaque mot. "Les portiques financiers sont très exigeants quand on est coté en Bourse. Il y aura la mise en place d'un groupe de travail qui permettra à la F1 de mieux se positionner en tant que sport global".

Pour gérer cette transition, ce passage de la F1 dans la modernité, Bernie Ecclestone reste en première ligne. Vendredi matin, jour de repos pour les écuries de F1, il était déjà dans le paddock à 10h00 du matin, en costume-cravate, car il avait rendez-vous avec Luca di Montezemolo, le grand patron de Ferrari.

Les grandes manoeuvres ont commencé. Elles vont encore tenir en haleine, pendant plusieurs semaines ou même quelques mois, le petit monde du F1 Circus.

dlo/jr

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