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25/05/2012 07:27 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

La firme de sécurité Garda tire partie des manifestations étudiantes

MONTRÉAL - La firme de sécurité Garda (TSX:GW) a reconnu du bout des lèvres, vendredi, qu'elle tirait partie de la vague de manifestations qui secoue le Québec depuis plus de trois mois.

«Lorsqu'il y a de l'agitation, que ce soit en Égypte ou au Québec, ou un conflit de travail quelque part, malheureusement, c'est bon pour les affaires», a déclaré le grand patron de l'entreprise montréalaise, Stéphan Crétier, au cours d'un entretien téléphonique.

Habituellement volubile, M. Crétier n'a pas voulu donner plus de détails, invoquant la confidentialité des relations avec ses clients. Notons toutefois que depuis le rachat de la firme Kolossal, l'an dernier, Garda assure la sécurité de plusieurs grands événements au Québec, dont le Grand Prix du Canada de Formule 1, qui se tiendra le mois prochain, et le Festival de jazz de Montréal.

«Naturellement, certains clients privés demandent plus de sécurité, c'est tout», a indiqué Stéphan Crétier, en précisant qu'aucune embauche spéciale n'avait été nécessaire à ce jour pour répondre à la demande accrue.

Au cours des dernières semaines, les manifestations se sont multipliées à Montréal et ailleurs au Québec en lien avec la contestation étudiante de la hausse des droits de scolarité et l'adoption de la loi 78, qui restreint le droit de manifester.

Des casseurs se sont souvent infiltrés dans les rassemblements, ce qui a poussé plusieurs entreprises et institutions à relever leur niveau de protection.

Résultats

Quoi qu'il en soit, ce ne sont pas les manifestations étudiantes qui ont fait progresser les résultats de Garda à son quatrième trimestre.

Au cours de la période qui a pris fin le 31 janvier, l'entreprise a enregistré des profits nets de 6,3 millions $ (20 cents par action), en hausse de 39 pour cent par rapport aux 4,5 millions $ (14 cents par action) dégagés pendant le trimestre correspondant de l'an dernier.

Ces chiffres ont largement surpassé les attentes des analystes financiers sondés par Thomson Reuters, qui tablaient en moyenne sur un bénéfice par action de 16 cents.

«Les résultats reflètent une croissance meilleure que prévu des revenus et de la rentabilité», a écrit l'analyste Vincent Perri, de Valeurs mobilières Banque Laurentienne, dans une note.

Les investisseurs ont apprécié: l'action de Garda a bondi de 10,3 pour cent vendredi pour clôturer à 8,06 $, à la Bourse de Toronto.

Le chiffre d'affaires du trimestre a totalisé 320,5 millions $, en hausse de 12,1 pour cent. La croissance a atteint 5,2 pour cent au Canada, 8,8 pour cent aux États-Unis et pas moins de 84,7 pour cent au Moyen-Orient, en Afrique du Nord et en Asie centrale. Les revenus provenant de ces régions ont dépassé les 36 millions $.

Ce bond spectaculaire s'explique surtout par l'accélération des activités pétrolières dans le nord de l'Irak, par la reprise graduelle de celles en Libye et par le développement du secteur de la diplomatie en Afghanistan.

Au cours des derniers mois, Garda a notamment décroché le contrat de protection de l'ambassade britannique à Tripoli.

«(La Libye) n'est pas un gros marché aujourd'hui, mais nous avons l'impression que c'est un marché qui pourrait être intéressant, surtout que nous y avons une équipe très solide», a expliqué M. Crétier.

Garda dit être en voie d'atteindre son objectif de tirer des revenus annuels de 200 millions $ des marchés émergents d'ici la fin de 2012.

Au Canada, toutefois, l'entreprise pâtit de la décision récente de l'Administration canadienne de la sûreté du transport aérien de réduire de plus de 10 pour cent les budgets consacrés aux agences privées qui effectuent les contrôles préembarquement dans les aéroports.

Pour Garda, cela représentera une baisse des revenus de l'ordre de 20 à 25 millions $ cette année. La direction espère compenser en partie ce manquer à gagner par l'obtention de nouveaux contrats dans le secteur pétrolier en Alberta.

Stéphan Crétier a par ailleurs révélé vendredi qu'il rencontrait des représentant d'entreprises intéressées à faire l'acquisition de la compagnie d'aviation Ameriflight, que Garda a obtenue dans le cadre de l'achat de la firme américaine ATI, en 2007.

Fondée en 1968 pour transporter de l'argent comptant et des chèques, Ameriflight dessert désormais des entreprises de courrier comme FedEx, UPS et DHL. La firme enregistre des ventes annuelles de 85 millions $ US et un bénéfice d'exploitation d'environ 18 millions $ US.

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