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25/05/2012 07:23 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Haïti: un ambitieux projet de stade de soccer dans le bidonville de Cité-Soleil

PORT-AU-PRINCE, Haïti - Un héros sportif haïtien, un promoteur immobilier de New York et un architecte bien connu font équipe pour construire un stade de soccer à Cité-Soleil, dans l'espoir de donner une nouvelle vie à ce bidonville de la capitale haïtienne connu pour son extrême pauvreté et ses guerres de gangs.

Les investisseurs étrangers en Haïti concentrent habituellement leurs efforts sur la reconstruction des édifices détruits par le séisme de janvier 2010, principalement à Port-au-Prince et les banlieues environnantes.

Mais Robert «Boby» Duval, une ancienne étoile du soccer haïtien, a élaboré un projet de stade de 5 millions $ US qui, selon lui, va permettre de régler des problèmes qui existaient bien avant le séisme.

Le promoteur immobilier Delos LLC et l'architecte Carlos Zapata travaillent avec lui sur le projet dans le bidonville de Cité-Soleil, en périphérie de la capitale, où les cabanes de tôle et les égouts à ciel ouvert repoussent les investisseurs. À une certaine époque, le quartier était si dangereux que les casques bleus de l'ONU n'y entraient qu'à bord de leurs véhicules blindés.

«Cité-Soleil a été détruite bien avant le tremblement de terre, explique Boby Duval. Ce stade va permettre de nettoyer Cité-Soleil, (...) je suis prêt à le parier.»

Le stade de 12 000 places sera baptisé le «stade du Phénix», en référence à l'oiseau légendaire qui renaît de ses cendres.

Les organisateurs espèrent aussi que le stade, qui devrait être construit en six mois et ouvrir ses portes à la fin de 2013, permette de créer au moins 500 emplois et de stimuler le commerce à Cité-Soleil.

Le stade accueillera aussi des concerts et servira de centre culturel pour développer un sens de la communauté dans le bidonville.

Boby Duval a précisé que le stade hébergerait aussi une nouvelle ligue de soccer impliquant environ 350 joueurs, qui sera indépendante de la Fédération haïtienne de soccer.

Au cours des 18 dernières années, Boby Duval a géré le programme sportif L'Athlétique d'Haïti à Cité-Soleil, qui permet à des enfants pauvres de développer leurs habiletés à travers le sport. Environ 2000 jeunes participent au programme.

Boby Duval pense que l'arrivée d'une deuxième ligue de soccer en Haïti permettra de hausser la qualité de la ligue nationale tout en fournissant des perspectives d'avenir pour les futurs professionnels.

«Laissez-moi faire mes affaires afin que mes enfants puissent gagner de l'argent», a dit M. Duval au sujet de son académie sportive sans but lucratif.

La ligue nationale de soccer et les plus petits clubs jouent leurs matches dans le seul stade officiel de la capitale haïtienne, le stade Sylvio Castor, dans le centre de Port-au-Prince. Jusqu'à l'été dernier, le stationnement du stade servait de camp de fortune à des centaines de personnes déplacées par le séisme, jusqu'à ce que les autorités municipales leur donnent de l'argent pour qu'elles s'installent ailleurs. Les responsables de la ligue voulaient reprendre le contrôle du stade pour recommencer les matches.

Le nouveau stade sera principalement financé par Delos LLC, des entreprises et des donateurs individuels. Le terrain où sera construit le stade a été donné par un banquier, a indiqué M. Duval.

Le directeur d'un programme pour les jeunes dans le quartier, Olerch Alexis, salue le projet de Boby Duval et espère qu'il permettra de transformer la culture de la violence dans le bidonville.

«Les joueurs de soccer seront des modèles», pense-t-il. «Les jeunes voudront jouer au soccer plutôt que de prendre les armes.»

Les plans architecturaux du stade ne sont pas encore achevés, mais l'architecte Carlos Zapata veut construire avec les débris laissés par le séisme. Le terrain du stade, situé dans le nord de Cité-Soleil, est déjà rempli de débris et de pierres que Boby Duval a transportés sur place en prévision de la construction.

«Nous voulons utiliser ce qui existe déjà, a expliqué M. Zapata. Nous ne voulons pas être obligés de tout importer d'un autre pays.»

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