POLITIQUE

François Hollande fait une visite surprise en Afghanistan (PHOTOS)

25/05/2012 07:04 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

François Hollande a atterri à Kaboul vendredi 25 mai, un peu après six heures du matin heure française, pour une première visite surprise de plusieurs heures en Afghanistan. Le chef de l'État se rendra auprès des troupes françaises et doit rencontrer son homologue afghan Hamid Karzai.

"Ce n'est pas aux alliés de définir l'avenir de l'Afghanistan"

Le retrait des troupes françaises se fera de manière "ordonnée" et "coordonnée" avec les alliés de la coalition de l'Otan en Afghanistan, a-t-il déclaré, deux heures après son arrivée à Kaboul. "C'est une décision souveraine. Seule la France peut engager la France. Elle sera mise en œuvre en bonne intelligence avec nos alliés, notamment avec le président Obama, qui en comprend les raisons, et en étroite concertation avec les autorités afghanes", a affirmé François Hollande depuis la base de Nijrab, en Kapisa (au nord-est de Kaboul), où sont stationnés la plupart des militaires français.

"La menace terroriste qui visait notre territoire comme celui de nos alliés en provenance de l'Afghanistan, sans avoir totalement disparue, a été en partie jugulée", a-t-il également justifié. "La France maintient ses liens avec ce pays. Nous poursuivrons nos projets de développement" en Kapisa et Surobi, deux territoires dont la sécurité est depuis longtemps sous le contrôle de l'armée française au sein de la force de l'Otan (Isaf), a observé François Hollande. "Ce n'est pas aux alliés de définir l'avenir de l'Afghanistan" mais "aux Afghans et à eux seuls de prendre le chemin qu'ils choisiront librement", a-t-il lancé.

François Hollande "rendra hommage aux 83 soldats français tombés en faisant leur devoir, en combattant le terrorisme et en servant la paix", indique le communiqué diffusé par l'Elysée. Il y a actuellement 3.350 soldats français en Afghanistan.

Avec Fabius et Le Drian

Pour des raisons de sécurité, le déplacement ne figurait pas à l'agenda de l'Elysée.

Outre une poignée de journalistes montés à bord de l'avion présidentiel, François Hollande est arrivé à Kaboul en compagnie de Jean-Yves Le Drian et Laurent Fabius, ministres de la Défense et des Affaires étrangères, de l'amiral Edouard Guillaud, chef d'état-major des armées et du général Benoît Puga, chef d'état-major particulier du président.

Le tweet de Thomas Wieder, journaliste au service politique du Monde:

C'est un baptême du feu pour François Hollande qui se rend pour la première fois en Afghanistan depuis son élection le 6 mai. Il a décidé d'accélérer le retrait des troupes combattantes françaises, à la fin 2012. C'est aussi la suite d'une séquence "internationale" débutée par une visite aux Etats-Unis la semaine précédente.

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Objectif pédagogie

Selon son entourage, le président, qui est également chef des armées, a tenu à se rendre en Afghanistan pour "expliquer lui-même" aux soldats français pourquoi il avait décidé d'anticiper leur retrait.

Il avait annoncé ce départ anticipé dès le début de sa campagne électorale et l'a défendu la semaine dernière devant le président des Etats-Unis Barack Obama, lors du G8 de Camp David, puis au sommet de l'Otan à Chicago. François Hollande a affirmé à plusieurs reprises que cette position n'était "pas négociable". Depuis le début du mois de mars, Jean-Yves Le Drian était en outre allé défendre cette position dans les principaux pays de l'Alliance atlantique.

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Regardez les images de la visite de François Hollande:

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