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Euro-2012 - Groupe D: Une année agitée pour l'Angleterre

25/05/2012 06:53 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Sa star suspendue, son capitaine destitué pour racisme, son entraîneur parti en claquant la porte... l'Angleterre n'a pas préparé dans la sérénité l'Euro-2012, où elle tentera de remplir une armoire à trophées qui sonne douloureusement creux pour le pays inventeur du football.

Le feuilleton a commencé le 7 octobre au Monténégro, où l'incorrigible Wayne Rooney n'a pu s'empêcher d'asséner un coup de pied dans les mollets d'un adversaire lors du dernier match de qualification. Verdict: une suspension de trois matches, réduite plus tard à deux, pour le buteur de Manchester United, qui ne jouera donc pas contre la France le 11 juin à Donetsk.

Une semaine plus tard, une altercation opposait John Terry à Anton Ferdinand, frère de l'international Rio Ferdinand, au cours d'un match de Championnat entre Chelsea et les Queens Park Rangers.

L'incident, à première vue banal, a pris des proportions inattendues en plusieurs étapes: l'ouverture d'une enquête de police, puis la mise en accusation du défenseur des "Blues" pour racisme et enfin sa destitution de son rôle de capitaine par la Fédération anglaise (FA).

Les dirigeants n'avaient pas prévu que Fabio Capello, pour qui Terry restait innocent jusqu'à son procès prévu le 9 juillet, soit juste après l'Euro, en ferait une question de principe et démissionnerait avec fracas, laissant l'Angleterre sans guide à peine quatre mois avant le match d'ouverture.

Dès le lendemain du départ de l'Italien, le nom d'Harry Redknapp s'est imposé pour la succession. Mais alors que tout le monde attendait la confirmation de l'entraîneur de Tottenham, la FA a nommé celui de West Bromwich, Roy Hodgson, le mois dernier, à la déception de nombreux commentateurs qui ont vu dans l'intronisation de l'ancien manager de Fulham et de Liverpool, âgé de 64 ans, un choix par défaut.

"Monsieur Moyen" a affirmé son autorité en retenant Terry, et pas Rio Ferdinand, dans une liste des 23 composée d'un mélange de vétérans, le capitaine Steven Gerrard, Frank Lampard, Ashley Cole, et de joueurs plus jeunes comme Danny Welbeck en attaque, Ashley Young au milieu ou Gary Cahill en défense.

L'Angleterre a plus le profil d'un très sérieux outsider que d'un grand favori de l'Euro comparé à l'Espagne, à l'Allemagne ou aux Pays-Bas.

La défense devrait ressembler à celle de Chelsea, qui s'est montrée très solide face à Barcelone et au Bayern Munich, avec Cole, Terry et Cahill, des joueurs qui ont toutefois été énormément sollicités et risquent d'arriver usés.

Le milieu de terrain est très expérimenté, voire vieillissant, avec les Gerrard et Lampard, mais pourrait manquer de créativité. Quant à l'attaque, elle repose entièrement sur Rooney, qui ne jouera pas avant le troisième et dernier match de poule.

Quel que soit leur premier résultat contre la France, les Anglais ont bien sûr les moyens de sortir de leur groupe aux dépens de la Suède puis de l'Ukraine.

Pour la suite, il faudra probablement compter sur un petit coup de pouce de la chance, comme celui qui a permis à Chelsea de remporter la Ligue des champions, pour étoffer un palmarès qui se limite au titre de champion du monde de 1966.

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