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25/05/2012 10:03 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Des Egyptiens inquiets d'une possible fin de présidentielle conflictuelle

Les Egyptiens se déclaraient fiers vendredi d'avoir voté librement lors du premier tour de la présidentielle, mais certains étaient nerveux face à la perspective d'un second tour très conflictuel entre un islamiste et une personnalité de l'ancien régime.

Des résultats préliminaires fournis par les Frères musulmans placent leur candidat Mohammed Morsi en tête, suivi par le dernier Premier ministre de Hosni Moubarak, Ahmad Chafiq.

Certains médias évoquaient toutefois la perspective de voir M. Chafiq se faire doubler par le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi, qui le talonnerait dans les premiers résultats, non officiellement confirmés.

"Tout le monde me va tant que l'élection est honnête. Certains sont sûrement meilleurs que d'autres, mais j'accepterai celui qui gagnera", affirme Abdoullah Rezk, 25 ans, à la sortie de la prière hebdomadaire dans une mosquée du Caire.

Lui-même a voté pour Hamdeen Sabbahi, qui se réclame de l'héritage de l'emblématique président Gamal Abdel Nasser. Mais les Egyptiens "accepteront tout résultat", assure-t-il, consensuel.

Près de lui, Hassan Mohammed Youssef, enseignant à la faculté de droit du Caire et sympathisant des Frères musulmans, se réjouit de voir M. Morsi en tête, mais ne décolère pas qu'il soit suivi par M. Chafiq, qui personnifie à ses yeux l'ancien régime honni.

"Le problème, c'est que Chafiq a eu beaucoup de voix. Cela montre que le peuple égyptien reste ignorant", déplore-t-il.

Un petit attroupement se forme autour de lui, et certains s'énervent. "Comment peux-tu dire que le peuple égyptien est ignorant. C'est toi qui est un inculte!", lui lance un badaud.

"J'ai le droit de dire ce que je pense! Où est le changement dans l'esprit des gens? Nous avons eu l'ancien régime pendant 30 ans et regardez où cela nous a conduits", lui répond sèchement Hassan.

"Le choix est désormais très clair: soit nous revenons à une époque de vol, de corruption et d'ignorance, soit nous ouvrons la voie à la dignité, la liberté et la justice", affirme ce partisan des Frères musulmans.

Place Tahrir, site emblématique de la révolte qui a provoqué la chute de Hosni Moubarak en février 2011, le trafic plutôt fluide en ce vendredi, jour de repos hebdomadaire, est à peine perturbé par quelques manifestants anti-Chafiq.

Certains d'entre eux voient dans la présence annoncée au second tour de ce général qui a été le dernier Premier ministre de M. Moubarak la preuve que des votes ont été achetés, d'autres dénoncent un soutien en sous-main de l'armée au pouvoir à ce candidat issu de l'appareil militaire.

Mais Peter Adel, un comptable de 33 ans membre de la communauté chrétienne copte, ne cache pas qu'il a voté pour M. Chafiq, qu'il voit comme le meilleur rempart contre une emprise des islamistes sur le pouvoir après leur large victoire aux législatives.

"Je déteste les Frères musulmans", lance-t-il. "Ils veulent nous diviser, ils n'ont rien à faire de l'Egypte, ils veulent un Etat islamique, où il n'y aurait pas de place pour les chrétiens".

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