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25/05/2012 02:19 EDT | Actualisé 25/07/2012 05:12 EDT

Congrès Fifa - Lydia Nsekera, l'ascension d'une femme burundaise

Lydia Nsekera, à la tête de la Fédération burundaise (FFB) et unique femme présidente d'une fédération nationale, est entrée dans l'histoire du football vendredi en devenant la première femme membre du Comité exécutif de la Fédération internationale de football (Fifa).

Elle a été nommée représentante du football féminin au sein de l'instance gouvernante de la Fifa. Sa cooptation a été ratifiée par le Congrès à Budapest (Hongrie), et son poste sera soumis à élection en 2013.

"C'est une date importante dans ma famille, car le 25 mai, c'était aussi l'anniversaire de mon mari, décédé en 2003", a déclaré Mme Nsekera, émue, à la tribune du Congrès.

Cette femme de 45 ans à l'allure très sportive, qui souhaite faire émerger des dirigeantes dans le football, s'était déjà imposée dans l'univers "terriblement macho" du football burundais, après avoir d'abord fait ses preuves à la tête du garage "Tanganyika cars" légué par son mari.

"Avec elle, ce n'est pas du jeu !, raconte à l'AFP Mohamed, un mécanicien qui a longtemps travaillé dans ce garage. C'est une véritable chef, lorsqu'elle dit quelque chose, on le fait ou on est viré !".

Ses amis expliquent son succès par "son courage, sa ténacité et son intelligence", alors que ses nombreux détracteurs dans le monde du football burundais parlent d'une femme "autoritaire et cassante". "Le secret de ma réussite est simple, expliquait récemment Mme Nsekera à l'AFP: je travaille, je travaille et je travaille".

"J'accompagnais mon père aux matches de football dès l'âge de 5 ans, c'est là que j'ai attrappé le virus", se souvient celle qui est la fille d'un membre de la famille royale du Burundi, également président de club.

Grande sportive, basketteuse et spécialiste du saut en hauteur, elle commence par créer un club de football féminin, puis entre à la FFB dont elle va gravir les échelons un à un, passant de la direction du football féminin à l'organisation des compétitions.

De grande taille, toujours très peu maquillée, Mme Nsekera prend les choses en main dès sa première élection à la tête de la Fédération en 2004. Elle apparaît alors comme un recours après deux années de "totale paralysie du football burundais".

"Dès son arrivée à la tête de la FFB, Lydia a imposé son style et a ramené la stabilité dans cette fédération. Elle va y arriver à force de travail et grâce à son autorité", estime Jérémie Manirakiza, secrétaire exécutif de la FFB.

Son pays est fier de sa promotion à la Fifa. "La cooptation historique de Lydia Nsekera dans l'organe qui dirige le football mondial est une grande fierté pour le Burundi, et un honneur pour cette dame, pour notre pays et pour toutes les femmes du monde entier", a réagi auprès de l'AFP le ministre burundais des Sports Jean-Jacques Nyenimigabo.

"Il s'agit d'une reconnaissance de ses qualités de leader et de ses qualités personnelles", a-t-il poursuivi, rappelant que le monde sportif la surnommait "la Thatcher du football burundais", en raison de son côté dame de fer, à l'instar de l'ancien Premier ministre britannique.

Seule ombre au tableau, le football burundais n'a pas beaucoup progressé sur le plan sportif au cours des dernières années.

Dans les années 90, l'équipe nationale juniors avait joué la finale de la Coupe du monde, et plusieurs clubs atteignaient régulièrement les demi-finales des Coupes africaines de clubs. L'équipe Vital'o FC avait même disputé une finale de Coupe africaine.

"Le Burundi a sombré dans les classements du football africain, et c'est de sa faute car elle ne s'occupe pas de foot", regrette un président de club ayant requis l'anonymat.

"C'est vrai qu'elle a mis de l'ordre dans notre fédération, mais ce qui manque encore, ce sont des résultats sportifs, mais ce n'est pas de sa seule responsabilité", reconnaît le ministre, soulignant que le Burundi sort d'une guerre civile.

esd-ybl/es

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