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24/05/2012 04:25 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Trafic illégal de l'ivoire en plein essor, dopé par la Chine (Sénat américain)

Le trafic de l'ivoire en Afrique, encouragé par la Chine où ce matériau précieux est très prisé par les nouveaux riches, provoque un essor inquiétant de la chasse aux éléphants dont profitent des groupes extrémistes, ont indiqué jeudi des sénateurs américains.

Les saisies d'ivoire de contrebande en Afrique et en Chine se sont envolées ces dernières années, suivant l'évolution de la demande chinoise dopée par l'enrichissement de la population.

Ce trafic induit une résurgence du braconnage qui s'avère menaçante pour la survie des éléphants. Au Cameroun, par exemple, 480 bêtes ont été massacrées depuis janvier, selon des responsables d'espaces naturels.

La situation dans ce pays d'Afrique, et dans le monde, a été évoqué au sénat américain jeudi lors d'une audition sur les conséquences mondiales du braconnage.

"Le gouvernement chinois et d'autres ont fait des saisies importantes, mais il faut à l'évidence en faire davantage pour éliminer le marché illégal", a déclaré le sénateur John Kerry.

L'ancien candidat démocrate à la Maison Blanche de 2004 a aussi dénoncé la part croissante que prennent "les gangs et milices criminelles" dans ce commerce illégal, "anéantissant des troupeaux entiers et tuant toute personne se mettant sur leur chemin".

Venu appuyer la thèse d'une "crise grave", le fondateur de "Sauvez les éléphants", Iain Douglas-Hamilton, a relayé des données selon lesquelles "90% de l'ivoire saisi aux aéroports du Kenya impliquent des Chinois".

Phénomène nouveau, de nombreux Chinois se sont installés en Afrique, "récupèrent l'ivoire et l'exportent", affirme-t-il.

Aux yeux du militant de la cause des éléphants, les restrictions sur les importations d'ivoire ont échoué, en grande partie parce qu'elles ont semé la confusion quant aux règles en vigueur et permis aux braconniers de l'exploiter.

Le sénateur Chris Coons s'est quant à lui alarmé des effets pervers du trafic lucratif de l'ivoire. "Cela finance le terrorisme, les guérillas et le crime organisé", a-t-il dit à l'AFP.

Autre témoin, Tom Cardamone, directeur de Global Financial Integrity, a souligné l'existence de sociétés-écran, due, selon lui, à un certain laxisme américain en la matière, qui permet de faciliter les opérations de blanchiment d'argent liées à ce commerce.

Au total, plus de 23 tonnes d'ivoire illégal ont été saisies en 2011, arraché à près de 2.500 éléphants. Une "annus horribilis", selon les experts.

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