Une équipe d'enquêteurs de l'ONU, différente celle des observateurs qui sont actuellement sur place, établit que le régime syrien est responsable de « la plupart des violations graves des droits de l'homme » dans ce pays, mais elle accuse également la rébellion de commettre des abus.

Damas poursuit la pratique de la torture et d'exécutions sommaires, notamment contre des enfants. Des garçons de 10 ans ont indiqué à plusieurs reprises avoir été torturés « pour avouer » que des membres de leurs familles sont des sympathisants ou des soldats de l'Armée syrienne libre (ASL), écrivent les enquêteurs.

Les rédacteurs du rapport précisent que les violations commises par l'armée et les forces de sécurité syriennes ont été commises « dans le cadre d'opérations militaires ou de recherches menées dans des endroits connus pour héberger des déserteurs ou des personnes armées, ou perçues comme offrant un soutien aux groupes armés antigouvernement ».

Selon le rapport, l'armée a utilisé un large éventail de moyens militaires, y compris « des tirs d'artillerie lourde sur des zones civiles ».

Selon les enquêteurs, les forces de l'État syrien utilisent le blocus des villes et des villages pour éliminer les opposants ou leurs sympathisants.

Dans certains cas, « l'action du gouvernement » semble avoir été motivée par la volonté d'établir une « punition collective ».

Les insurgés ne sont pas épargnés par l'ONU

Par ailleurs, les enquêteurs ont également indiqué « avoir des preuves confirmées que les groupes armés de l'opposition utilisent souvent des enfants comme courriers, porteurs de médicaments et de messages, ou comme cuisiniers dans des unités sur le terrain ». Ils ont rencontré en mai plusieurs d'entre eux qui traversaient régulièrement la frontière avec la Turquie.

Selon le rapport, les insurgés ont exécuté ou torturé des soldats capturés ou des partisans du gouvernement, et ont enlevé des civils afin d'obtenir des échanges de prisonniers ou des rançons.

L'équipe, dirigée par le Brésilien Paulo Pinheiro, a remis à Navi Pillay, haute-commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, une liste des responsables syriens qui auraient commis des crimes contre l'humanité.

Les enquêteurs de l'ONU, qui n'ont pas pu se rendre en Syrie, se sont basés sur une série de 200 entrevues de victimes ou de témoins.

Le rapport couvre uniquement la période entre mars et mai 2012, durant laquelle les enquêteurs ont recensé 207 victimes dont le décès a été confirmé par des informations de « première main ».