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24/05/2012 03:47 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Somalie: reflux islamiste selon l'armée, fuite de centaines de civils d'Afgoye

L'armée somalienne a affirmé jeudi que les islamistes shebab désertaient leurs positions face à son avancée vers Afgoye, bastion des insurgés à une trentaine de km au nord-ouest de Mogadiscio.

Pendant ce temps, selon des témoins, des centaines de familles fuyaient le couloir qui mène à la ville, où elles avaient fui, en 2007, la guerre qui sévissait alors au coeur de la capitale Mogadiscio.

Le couloir d'Afgoye, dans lequel l'armée somalienne avance, soutenue par la force de l'Union africaine en Somalie (Amisom), abrite des centaines de milliers de déplacés, victimes des combats incessants dans leur pays, et de la sécheresse qui a dévasté le bétail l'an dernier.

"Nous sommes à quelques kilomètres d'Afgoye, et si Dieu le veut, nous remplirons notre mission très vite," a déclaré un commandant de l'offensive, Abdulahi Osman. "Nous n'avons rencontré aucune résistance acharnée jusqu'ici, l'ennemi fuit."

Les shebab, récemment intégrés à Al-Qaïda, disent eux avoir repoussé l'assaut pro-gouvernemental.

Face aux combats, les Nations unies ont de leur côté exprimé leur inquiétude pour les déplacés de la région, appelant les deux parties à épargner les civils.

Mercredi, le coordinateur humanitaire de l'ONU pour la Somalie, Mark Bowden, avait indiqué ne pas avoir encore entendu parler de "mouvements significatifs de la population qui se trouve dans le couloir".

Mais jeudi, des témoins racontaient le départ de familles installées à une quinzaine de km de la capitale. Une enfilade de camions et bus remplis de civils et de leurs effets personnels se dirigeaient vers Mogadiscio.

"Je pense qu'il n'y aura plus personne dans le couloir d'Afgoye aujourd'hui, des centaines de familles retournent à Mogadiscio avant que les combats de touchent la route principale," a estimé Abdirahman Ahmed, un père de quatre enfants qui lui-même a pris la fuite.

Afgoye est un carrefour-clé ouvrant sur le nord, l'ouest et le sud somaliens. Sa prise serait un nouveau revers pour les shebab, déjà contraints au départ de Mogadiscio en août, et sous pression d'une offensive militaire régionale dans le reste du centre et sud du pays, où les armées éthiopienne et kényane interviennent aussi depuis fin 2011.

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