NOUVELLES
24/05/2012 02:17 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Nucléaire: reprise des négociations entre l'Iran et le groupe 5+1 à Bagdad

L'Iran et les pays du groupe 5+1 ont repris leurs discussions jeudi à Bagdad afin de parvenir à un accord pour lancer un processus de négociations permettant de régler la crise du nucléaire iranien, a constaté un journaliste de l'AFP.

La chef de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, et le chef de la délégation iranienne, Saïd Jalili, se sont rencontrés longuement mercredi soir.

Une nouvelle rencontre bilatérale entre Mme Ashton et M. Jalili ou entre leurs numéros deux est prévue jeudi matin avant une courte réunion plénière rassemblant l'ensemble des partie, a déclaré à l'AFP un membre de la délégation iranienne.

Mercredi, le groupe 5+1 (les membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies: Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine et Allemagne) a fait un ensemble de propositions, qualifiées d'"intéressantes" pour l'Iran par le porte-parole de Mme Ashton, comprenant notamment la question désormais centrale de la suspension de l'enrichissement d'uranium à 20%, selon les médias.

L'Iran a fait pour sa part des contre-propositions en cinq points. "Nos propositions sont basées sur le Traité de non prolifération, le principe de pas-à-pas et la réciprocité acceptés à Istanbul", a déclaré un responsable iranien sans les détailler.

L'Iran a annoncé mardi qu'il continuait à fabriquer lui-même le combustible à 20% pour son réacteur médical et de recherche de Téhéran.

"La question d'un échange du stock d'uranium enrichi contre du combustible à 20% n'est plus vraiment intéressante pour nous car nous produisons nous même notre combustible", a déclaré un responsable iranien, semblant rejeter l'idée d'envoyer à l'étranger les quelque 130 à 140 kg d'uranium à 20% déjà produits par Téhéran.

"Nous avons répondu à tous les points de la proposition du groupe 5+1. Il n'y a pas un point auquel nous n'ayons pas répondu", a déclaré jeudi à l'AFP le même responsable.

"Mais ils n'ont pas répondu à nos propositions et voulaient avoir plus de temps pour des consultations internes (...) Nous verrons ce matin ce qu'ils diront", a-t-il dit.

"Nous avons besoin d'une base commune pour pouvoir continuer les négociations", a-t-il ajouté, en réponse à une question sur la poursuite du dialogue après Bagdad.

En tout cas, les négociations de Bagdad semblaient à la fois denses et difficiles, les deux parties devant s'attaquer aux questions qui les divisent elles-mêmes mais divisent aussi les membres du groupe 5+1.

"Il y a eu des terrains d'entente mais un certain nombre de désaccords", a déclaré un membre de la délégation américaine. "Mais nous savions tous que nous allions avoir des points de désaccords", a-t-il ajouté.

Diplomates et analystes estiment qu'un accord pour entamer un processus de dialogue régulier avec des mesures de confiance de part et d'autres serait sans doute satisfaisant.

Ces discussions visent à désamorcer une crise qui empoisonne depuis des années les relations entre l'Iran et une grande partie de la communauté internationale.

Téhéran affirme que son programme nucléaire est purement pacifique, mais nombre de pays y voient une tentative dérobée de rejoindre le club fermé des puissances nucléaires. Israël, qui se sent menacé et doute de l'efficacité des sanctions contre Téhéran, n'exclut pas une éventuelle opération militaire.

sgh/sw

PLUS:afp