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24/05/2012 02:32 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Les Etats-Unis ciblent des sites web d'Al-Qaïda pour contrer sa propagande (Clinton)

Des experts américains sont parvenus à cibler des sites internet tenus par des militants d'Al-Qaïda au Yémen et à y diffuser des messages pour contrer la propagande du mouvement islamiste, s'est félicitée la chef de la diplomatie américaine Hillary Clinton.

Une unité spéciale du département d'Etat a ciblé une campagne de propagande qui, à travers des sites internet tribaux, "se vantait de tuer des Américains et essayait de recruter des nouveaux sympathisants", a-t-elle expliqué mercredi lors d'un dîner avec des responsables des services spéciaux américains (Special Operations Command), basés à Tampa en Floride (sud-est).

"En l'espace de 48 heures, notre équipe a couvert les mêmes sites de versions modifiées de leurs messages en affichant le bilan des morts des attentats d'Al-Qaïda parmi le peuple yéménite", a-t-elle précisé.

"Nous constatons que nos efforts commencent à avoir un impact parce que des extrémistes font part de leur mécontentement et demandent à leurs sympathisants de ne pas croire tout ce qu'ils lisent sur l'internet", a-t-elle ajouté.

Jeudi lors de sa conférence de presse quotidienne, la porte-parole du département d'Etat Victoria Nuland a cité l'exemple d'une photo mise en ligne par les militants où l'on peut voir, selon elle, des "cercueils enveloppés du drapeau américain. Nous avons fait un +contre-post+ dans lequel on peut voir des cercueils recouverts du drapeau yéménite pour bien souligner que ce sont des Yéménites qui sont tués par Al-Qaïda au Yémen".

Lundi, au moins 96 soldats ont été tués et plus de 300 blessés lorsqu'un homme portant un uniforme militaire s'est fait exploser au milieu des soldats qui préparaient le défilé prévu à l'occasion du 22e anniversaire de l'unification du Yémen, un attentat revendiqué par Al-Qaïda.

Cette infiltration, menée par le nouveau "Centre de communications stratégiques" du département d'Etat, fait partie d'une opération plus large grâce à laquelle des experts du web, parlant couramment l'arabe, le somalien et l'ourdou (langue officielle du Pakistan), surveillent la toile et utilisent les réseaux sociaux pour affaiblir la propagande d'Al-Qaïda et dénoncer ses attentats.

Mais, a assuré Mme Nuland, ce procédé ne s'apparente pas à du piratage. "A chaque fois que nous y avons recours, nous nous identifions et nous disons bien que nous travaillons pour le département d'Etat", a-t-elle dit.

"Nous ne nous livrons pas au piratage, nous n'agissons pas sous couvert d'anonymat", a insisté la porte-parole de la diplomatie américaine.

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