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24/05/2012 01:43 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Le premier tour de la présidentielle en Egypte touche à sa fin sans accroc

Le premier tour de l'élection présidentielle en Egypte touchait à sa fin jeudi soir après deux jours de vote sans accroc majeur pour désigner un successeur à Hosni Moubarak parmi douze candidats, notamment islamistes et figures de l'ancien régime.

Les bureaux de vote fermeront à 21H00 locales (19H00 GMT) au lieu de 20H00 (18H00 GMT) comme prévu initialement pour accueillir le plus grand nombre possible d'électeurs, a annoncé la Commission électorale.

Trois heures avant la fermeture, son président Farouk Soltane a estimé le taux de participation à 50%. Cité par l'agence officielle Mena, M. Soltane a également déclaré que le deuxième jour de vote s'était en général déroulé de manière "calme et organisée".

Comme la veille, des électeurs ont commencé à faire la queue devant les bureaux de vote avant l'ouverture à 08H00 locales (06H00 GMT) dans une ambiance bon enfant.

Les résultats du premier tour doivent être annoncés en principe le 27 mai. Si aucun candidat ne remporte la majorité absolue, un second tour est prévu les 16 et 17 juin.

"Nous allons voter sans savoir qui va gagner", s'est réjouie Noha Hamdi, 27 ans, rencontrée dans un bureau de vote. "Je n'avais jamais voté avant parce que le gagnant était toujours connu d'avance. Cette fois je sens que mon vote (...) fera une différence".

Les autorités ont donné une journée de congé aux fonctionnaires pour qu'ils puissent voter et le gouvernement a appelé les citoyens à remplir "leur devoir national en cette étape historique (...) afin que la voix du peuple soit entendue".

Le ministre de l'Intérieur Mohammed Ibrahim a indiqué n'avoir relevé que des "contraventions mineures" qui n'ont pas perturbé le déroulement du scrutin.

Plus de 50 millions d'électeurs sont appelés à choisir entre 12 candidats: islamistes, laïcs, de gauche ou libéraux, partisans de la "révolution" ou anciens responsables du régime Moubarak.

Les principaux prétendants sont le candidat des Frères musulmans Mohammed Morsi, l'islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Foutouh, le dernier Premier ministre de M. Moubarak, Ahmad Chafiq, l'ex-ministre des Affaires étrangères et ancien patron de la Ligue arabe Amr Moussa et le nationaliste arabe Hamdeen Sabbahi.

La presse égyptienne a salué le scrutin comme "libre et historique", se réjouissant que la première journée se soit déroulée dans le calme et la "joie" malgré les incertitudes pesant sur le pays.

"Que les Egyptiens fassent la queue pour choisir un président de la République et que personne ne soit d'accord sur le nom du futur président, cela veut dire que quelque chose a changé", a estimé le quotidien indépendant Al-Chourouq.

Mercredi, la participation, moyenne pendant la journée, avait nettement augmenté à la tombée du jour avec la baisse de la température.

Après des décennies de scrutins joués d'avance, c'est la première fois que les Egyptiens choisissent librement leur chef d'Etat.

L'issue du vote est cruciale pour l'orientation que prendra le pays le plus peuplé du monde arabe, avec quelque 82 millions d'habitants, partagé entre la tentation islamiste et celle d'une normalisation incarnée paradoxalement par des personnalités de l'ère Moubarak.

Pendant la période de transition, émaillée de violences et de protestations, l'armée au pouvoir depuis la chute de Hosni Moubarak est devenue la cible de la colère des militants pro-démocratie l'accusant d'avoir continué la politique de répression de l'ancien régime.

Les pouvoirs du futur président restent imprécis, la Constitution en vigueur sous M. Moubarak ayant été suspendue et la rédaction de la future loi fondamentale étant au point mort.

Le chef de l'Etat devra faire face à une situation économique préoccupante, combinant les inégalités sociales extrêmes héritées de l'ancien régime et le fort ralentissement de l'activité, notamment dans le secteur touristique, depuis la révolte de janvier/février 2011.

Le Conseil militaire s'est engagé à remettre le pouvoir à un nouveau président avant la fin juin.

De nombreux analystes estiment toutefois que l'armée, épine dorsale du système depuis la chute de la monarchie en 1952 et qui détient un patrimoine économique considérable, restera un acteur important de la vie politique.

Pendant que les Egyptiens votent, M. Moubarak, qui a gouverné pendant presque 30 ans, est hospitalisé près du Caire. Jugé pour la mort de manifestants durant la révolte et accusé de corruption, l'ancien raïs, âgé de 84 ans, sera fixé sur son sort le 2 juin. Le Parquet a requis la peine de mort.

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