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Le Canada va restreindre l'accessibilité à l'assurance chômage

24/05/2012 07:06 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Les chômeurs canadiens verront leurs allocations réduites s'ils n'acceptent pas des emplois moins bien rémunérés, a annoncé jeudi la ministre fédérale des Ressources humaines, Diane Finley, en exposant les grandes lignes d'un projet de réforme de l'assurance chômage.

La réforme a pour but d'inciter les Canadiens à accepter les emplois disponibles dans leur région, au moment où "le Canada doit faire face à des pénuries de main-d'oeuvre sans précédent", a expliqué Mme Finley.

Le projet de réforme évoque "un emploi convenable", c'est-à-dire un emploi qu'un bénéficiaire ne peut refuser sous peine de perdre son droit aux allocations.

Les bénéficiaires des allocations seront dorénavant répartis en trois catégories: le travailleur de longue date, le prestataire fréquent et le prestataire occasionnel.

Le travailleur de longue date pourra attendre quatre mois et demi pour accepter un emploi similaire à 80% du salaire précédent. Le prestataire fréquent devra accepter tout travail pour lequel il est qualifié à 70% de la rémunération précédente. Le prestataire occasionnel devra accepter un emploi similaire à 80% de la rémunération précédente.

L'opposition au gouvernement conservateur à Ottawa a dénoncé le projet, tout comme les syndicats et les associations de défense des chômeurs, pendant que le patronat l'accueillait positivement.

"Au lieu d'arriver avec un plan de création d'emplois, ils (les ministres conservateurs) sont arrivés avec un plan d'attaque contre les chômeurs", a déploré un député du Nouveau parti démocratique (gauche, opposition officielle), Alexandre Boulerice, sur la chaîne publique Radio-Canada.

"On crée deux catégories de chômeurs: les bons chômeurs et les mauvais chômeurs", a estimé le porte-parole du Conseil national des chômeurs, Pierre Céré.

"Ces mesures permettront de favoriser une meilleure adéquation entre les qualifications des travailleurs en recherche d'emploi et les besoins des employeurs", a jugé pour sa part le Conseil du patronat du Québec.

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