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24/05/2012 05:45 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

La CPI ne harcèle pas les Africains, affirme sa future procureure

Fatou Bensouda, qui prendra en juin le poste de procureure de la Cour pénale internationale (CPI), a fermement nié que son institution cible uniquement les criminels africains, dans un entretien accordé à l'AFP mercredi soir.

Depuis l'instauration de la CPI en 2002, pour juger les crimes contre l'humanité et les crimes de guerre, tous les dossiers ouverts concernent des Africains. Ce qui a suscité des accusations de partialité sur le continent.

"Je ne pense pas que cela démontre que l'Afrique est faible. En fait, je pense que ça démontre que l'Afrique est forte", a affirmé Mme Bensouda, une Gambienne, qui prendra officiellement ses fonctions en juin, succédant à l'Argentin Luis Moreno Ocampo.

Elle s'est félicitée en outre du fait que certains pays africains, comme la République démocratique du Congo ou le Kenya, défèrent leurs ressortissants devant la CPI: "Je pense que cela a valeur d'exemple, et que (l'Afrique) est leader en ce domaine."

Le fait que la CPI ne poursuive que des Africains "ne démontre pas non plus qu'il n'y ait des criminels qu'en Afrique, mais cela démontre que les criminels ne restent plus impunis", a-t-elle ajouté.

"Bien sûr il y a des voix pour critiquer la CPI", admet la future procureure, "ce qui m'irrite le plus dans ces critiques, c'est de voir comment on se concentre rapidement sur la propagande de quelques individus puissants, influents, en oubliant les millions d'anonymes qui ont souffert".

La CPI, espère-t-elle, "va travailler en étroite collaboration avec l'Union africaine (...) pour éliminer une telle perception".

L'Union africaine a approuvé sa nomination au poste de procureure, ce qui, selon elle, ne l'oblige évidemment pas à adopter une attitude complaisante envers l'Afrique: "J'ai l'intention d'être la procureure des 121 pays (qui ont ratifié le Statut de Rome instaurant la CPI), y compris des pays Africains".

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