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24/05/2012 03:39 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Euro-2012: en Grèce, la sélection ne connaît pas la crise

La profonde crise économique qui secoue la Grèce n'affecte pas outre mesure sa sélection, partie mardi à bord d'un vol spécial vers l'Autriche pour préparer l'Euro-2012, où ses supporteurs, touchés eux de plein fouet, seront peu nombreux à la suivre.

L'équipe grecque a posé ses bagages dans un luxueux hôtel de Kitzbühel, le budget de la Fédération nationale de football n'ayant subi que de légères restrictions, grâce à un important programme de partenariat lui permettant même de ne pas piocher dans ses réserves financières.

Au moment où les Grecs doivent affronter des mesures d'austérité d'une sévérité sans précédent et des baisses de salaires, la Fédération a même pu augmenter de 45% la rémunération du sélectionneur portugais de l'équipe nationale, Fernando Santos, pour les deux années à venir.

"Il y a eu beaucoup de réactions. Mais je crois qu'une Fédération a les moyens de verser un salaire annuel de 600.000 euros. Personne ne rappelle que nous avons économisé de l'argent sur le premier contrat de Santos. J'étais gêné du fait qu'il ne gagne que 450.000 euros l'an dernier. La Fédération ayant reçu 8 millions d'euros suite à la qualification pour l'Euro-2012, je ne pense pas que cette hausse soit terrible", s'est défendu le président de la Fédération Sophocles Pilavios dans le quotidien sportif grec Goal.

Fort de son bilan financier positif depuis sa prise de fonctions il y a trois ans, il a en outre rappelé que le précédent sélectionneur, l'Allemand Otto Rehhagel, qui avait mené la Grèce au sacre européen en 2004, émargeait à 1,2 million d'euros annuels, à la fin de son mandat de neuf ans (2001-2010).

La décision a pourtant provoqué des remous.

"Je pense que c'est une provocation dans la période que nous traversons", a dénoncé un membre du conseil d'administration, Vasilis Hatziapostolou, regrettant que l'instance n'ait pas été consultée dans le quotidien sportif grec Athletiko Metropolis.

"Il n'est pas possible d'accorder une telle augmentation dans cette période économique difficile pour le pays et le football", a surenchéri un autre membre du conseil, Christos Savvas, au micro de Net Radio.

Et si la sélection ne souffre pas, ce n'est pas le cas de ses supporteurs.

Rongés par les problèmes financiers, ils ne seront que 3.000 à 5.000 à aller en Pologne pour suivre la Grèce pendant la phase de poules de l'Euro-2012, selon M. Pilavios.

Les clubs sont aussi ébranlés par la crise. Huit équipes de l'élite (Panathinaïkos, l'AEK Athènes, le PAOK Salonique, Panionios, Corfou, Aris, OFI et Giannena) connaissent des problèmes financiers susceptibles de les empêcher de disputer le championnat la saison prochaine, selon la Fédération.

Plusieurs d'entre eux doivent des arriérés de salaires à leurs joueurs.

Si la Fédération n'envisage pas de rétrograder ces clubs, ils ne pourront pas recruter ou prolonger des joueurs, sauf ceux âgés de moins de 21 ans, sans avoir amélioré l'état de leurs finances.

La situation a des répercussions sur les internationaux grecs.

"Ce n'est pas la situation idéale pour certains joueurs, dont l'avenir est incertain. Il y a beaucoup de problèmes dans le football et dans le pays, nous vivons tous avec. Mais quand il s'agit de se battre pour l'équipe nationale, il n'y a plus de place au doute", a expliqué à l'AFP le capitaine grec Giorgios Karagounis.

Le joueur y voit même une source de motivation supplémentaire pour donner de la joie à "(ses) compatriotes pendant le tournoi, pour les aider à oublier au moins un temps leurs problèmes quotidiens. Il est certain que les Grecs attendent cette joie et nous espérons leur en donner."

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