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Euro-2012 - Eire - Trapattoni, le "chat" à neuf vies

24/05/2012 08:34 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

A 73 ans, Giovanni Trapattoni est toujours sur le pont, avec l'Eire qu'il a ramenée dans le concert international après dix ans d'absence, et sera une des stars du banc de l'Euro-2012 pour sa carrière, ses conférences de presse hilarantes et un coup à jouer contre son Italie natale.

"Ne dites pas que le chat est dans le sac" ("The cat is in the sack"), avait lancé le "Trap" après le succès 4-0 en Estonie lors du barrage aller qui assurait pourtant virtuellement la place des "Verts" en Pologne et Ukraine.

Il avait déjà beaucoup fait rire quand il entraînait le Bayern Munich en hurlant "Ich habe fertig" ("J'ai colère"), en 1998.

Ses aphorismes ont beaucoup fait pour la popularité d'un technicien qui inspirait déjà le respect par son palmarès, où figurent notamment cinq coupes d'Europe, une Coupe Intercontinentale, sept championnats d'Italie et des titres de champion d'Allemagne, d'Autriche et du Portugal!

C'est maintenant en Irlande qu'il exerce ses talents, sur la fin d'une carrière d'entraîneur commencée en 1974.

Son "anglais macaroni" ravit les foules, aussi bien sur l'île verte qu'en Italie, mais ses qualités de coach séduisent encore plus. Arrivé en 2008, il a relancé les Irlandais, disparus du haut niveau depuis le Mondial-2002. Il avait déjà frôlé le Mondial-2010, mais le "chat" fut chassé par la main de Thierry Henry en barrages...

Très catholique - il est même sélectionneur de l'équipe du Vatican depuis 2010 -, né un 17 mars (1939), jour de la Saint-Patrick, il s'est parfaitement adapté en Irlande, avec son adjoint Marco Tardelli. Ils ont patiemment construit une équipe, séduit des internationaux qui ne répondaient pas toujours aux convocations, et fait du lobbying auprès de leurs clubs.

Trapattoni, comme promis, a fait le pélerinage de Croagh Patrick, montagne sacrée car l'évangélisateur de l'Irlande y a bâti une église, et a versé une petite larme d'émotion lors de la qualification assurée à Tallin.

Même s'il aime l'Irlande, il a choisi d'emmener en stage sa sélection à Montecatini, à 30 km de Coverciano, le centre d'entraînement de l'équipe d'Italie. Il y préparera notamment le match contre l'Italie, lui qui ne voulait surtout pas tomber contre elle. Mais il n'a jamais perdu contre la "Nazionale" en trois matches (2-2 et 1-1 en qualifications du Mondial-2010, et victoire 2-0 à Liège en amical le 7 juin 2011.

"Le Trap? Je ne veux pas le nommer par superstition, je connais ses pièges", sourit Cesare Prandelli. Le sélectionneur de l'Italie a joué sous ses ordres à la Juventus (1979-1985).

"Il ne donne pas de conseil, pourtant il devrait ne faire que ça vu son expérience extraordinaire, mais il est tellement respectueux", ajoute Prandelli.

Il s'oppose également à la réputation d'entraîneur défensif du Trap. "Oui, il me criait souvent de redescendre, mais devant il y avait Platini, Boniek, Rossi... Il n'y a rien de scandaleux à demander aux autres de reculer, raconte Prandelli. L'histoire montre qu'il proposait une équipe offensive, très offensive".

Eire-Italie est programmé le 18 juin à Gdansk, et pourrait bien être décisif, ce que voudrait éviter le "Trap".

L'Euro, il en a déjà joué un, à la tête de l'Italie justement, mais a été éliminé au premier tour, en 2004. Après, il poursuivra jusqu'au Mondial brésilien, s'il l'atteint, puisqu'il a prolongé jusqu'en 2014. Il aura 75 ans!

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