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24/05/2012 08:38 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Divergences sur le nucléaire iranien à Bagdad, tentative d'éviter un échec

Les grandes puissances et l'Iran tentaient jeudi de sauver les négociations de Bagdad sur le programme nucléaire controversé iranien, en obtenant un accord minimal sur une poursuite des discussions, a déclaré un responsable iranien.

"Le climat des négociations était très mauvais jeudi matin, mais l'autre partie fait des effort parce qu'elle veut les poursuivre" après Bagdad, a déclaré ce responsable sous couvert de l'anonymat.

"Il y a une troisième rencontre bilatérale entre (la chef de la diplomatie européenne, Catherine) Ashton et (le chef de la délégation iranienne, Saïd) Jalili. Ils discutent du principe même de la poursuite des négociations et ensuite d'un accord sur la date et le lieu" des futures discussions, a-t-il dit.

"Tout dépend de cette rencontre", a-t-il affirmé, en affirmant que le groupe 5+1 avait accepté de donner son avis sur les propositions en cinq points faites mercredi par la délégation iranienne.

Prévues initialement pour la seule journée de mercredi, les discussions, qui regroupent l'Iran, l'UE et les représentants des membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Russie, Chine) plus l'Allemagne, ont été prolongées à jeudi.

"Il semble que les bases pour une nouvelle session de négociations n'existent pas encore, à moins que dans les deux heures qui viennent les deux parties n'aboutissent à un accord", avait déclaré tôt jeudi matin le responsable iranien.

Selon une source diplomatique occidentale, le blocage dans les négociations vient du fait que l'Iran demande à ce que lui soit reconnue la possibilité d'enrichir de l'uranium, ce que refusent les 5+1. A la mi-journée, cette même source tablait sur le fait qu'il n'y aurait pas d'accord à Bagdad mais une entente pour de nouvelles négociations.

"L'Iran ne renoncera pas à son droit à l'enrichissement d'uranium, qui est garanti par le Traité de non prolifération", a réagi le responsable iranien.

Le groupe 5+1 cherche à avoir des "garanties" de l'Iran qu'il ne cherche pas à fabriquer l'arme atomique, comme l'en soupçonnent certains pays occidentaux et Israël, tandis que l'Iran souhaiterait notamment la levée des sanctions économiques imposées par l'ONU et les pays occidentaux.

Mercredi, le groupe 5+1 avaient présenté à l'Iran un paquet de propositions dont le détail n'est pas connu mais qui pourraient, d'après des médias, requérir que l'Iran suspende son enrichissement d'uranium à 20%, une mesure qui apparaît désormais centrale dans tout règlement.

Mais l'Iran a jugé ces propositions "déséquilibrées", avant de présenter des "contre-propositions" puis de demander une "révision" des positions des grandes puissances.

M. Jalili et Mme Ashton devraient donner chacun une conférence de presse à l'issue des discussions.

L'enjeu de la réunion de Bagdad était de tenter de jeter les bases d'un processus de négociations destiné à résoudre la crise autour de ce dossier qui empoisonne depuis des années les relations entre l'Iran et une partie de la communauté internationale et fait planer la menace d'un conflit armé dans la région.

Avant le début de la réunion, M. Jalili avait espéré que les négociations constitueraient "le point de départ d'une nouvelle ère" entre l'Iran et la communauté internationale.

Les discussions de Bagdad font suite à une visite lundi à Téhéran du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, qui a annoncé un "accord" de principe sur des mesures visant à lever les incertitudes sur la nature du programme nucléaire iranien, qui doit être signé "prochainement".

Washington a qualifié cette annonce de "pas en avant", mais prévenu qu'il jugerait "le comportement de l'Iran sur la base de ses actes".

Plusieurs médias iraniens ont accusé jeudi les grandes puissances de s'être alignées sur les positions d'Israël lors des discussions de Bagdad, et exprimé leurs doutes sur les chances d'un succès.

sgh-ahe/vl

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