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24/05/2012 04:59 EDT | Actualisé 24/07/2012 05:12 EDT

Des étudiants grimés en pirates et en ninjas manifestent à Montréal

Quelque deux cents jeunes manifestants déguisés en pirates et en ninjas se sont lancés "à l'abordage" des rues de Montréal jeudi pour protester, dans une atmosphère de carnaval, contre la loi spéciale limitant la liberté de manifester.

"Charest... aux crocos !", "Charest harakiri!", lançaient à l'adresse du Premier ministre de la province Jean Charest les jeunes gens masqués et costumés, bicornes à plumes sur la tête et oeil caché derrière un carré rouge --symbole de leur mouvement-- au lieu du plus traditionnel bandeau noir des pirates.

Jean Charest soutient fermement une hausse des frais de scolarité, une mesure à l'origine de la grève étudiante, et la loi spéciale adoptée il y a quelques jours après plus de 3 mois de conflit et destinée selon lui à "encadrer" la liberté de manifestation, ce qui lui vaut d'être pris pour cible par les contestataires.

"Libéraux sur la planche", "Une flotte unie, jamais ne sera coulée", scandaient les manifestants, multipliant les allusions marines à l'encontre du Premier ministre et de son parti libéral.

Le cortège s'est dirigé vers sa résidence, dans un quartier chic de la ville, en se livrant à de faux combats de sabres, mais la police lui a coupé le passage.

"Pirates, ninjas, même combat", scandaient les manifestants, portant des pancartes "Oeil pour oeil, pillons les riches" ou "Un ninja masqué jamais ne se fera fiché". De fait, les ninjas, dans leur costume noir cachant aussi leur visage, risquaient plus gros que les pirates, le port de masques étant interdit depuis peu par un règlement municipal. Mais la police, qui avait déclaré leur marche illégale, n'est pas intervenue.

Les pirates, en revanche, étaient fiers de manifester à visage découvert. "Je n'ai jamais porté de masque dans une manifestation", a dit à l'AFP un étudiant en anthropologie à l'Université de Montréal, François Cogné. "Cela nous permet de mettre en jeu notre nom, notre figure et notre réputation".

"Je trouve la manifestation rigolote, l'idée des déguisements m'a particulièrement attiré", ajoute son amie Caroline Saint-Pierre, 34 ans, étudiante dans le même département.

Malgré le caractère joyeux de la manifestation, les participants avaient néanmoins à l'esprit les événements de la veille, où près de 700 manifestants ont été arrêtés dans des défilés organisés à Montréal et à Québec.

"Ma mère s'est fait arrêter dans la rue, elle a reçu un ticket de 634 dollars", a dit Mel Goyer, 31 ans, une employée de Greenpeace, qui tenait néanmoins à manifester.

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