Conflit étudiant: des centaines d'arrestations à Montréal et Québec

Publication: Mis à jour:
MANIFESTATIONETUDIANTE
AP

MONTRÉAL - Ce sont en tout près de 700 personnes qui auront finalement été arrêtées mercredi soir à Montréal et à Québec lors des manifestations liées au conflit étudiant et à la loi 78.

À Montréal, la police a procédé à 518 arrestations dans le cadre de la 30e manifestation nocturne consécutive. Là-dessus, on compte 506 arrestations de groupe et 12 arrestations isolées — quatre pour des actes criminels et huit pour des infractions aux règlements municipaux.

À Québec, le rassemblement a été déclaré illégal dès le départ en vertu de la loi 78, parce que les organisateurs n'avaient pas donné leur itinéraire au préalable à la police. Mais les 176 personnes arrêtées ont reçu un constat d’infraction en vertu du Code de la sécurité routière (article 500.1: entrave à la circulation).

Selon le Service de police de la ville de Québec, le mouvement des marcheurs était imprévisible, et il était donc difficile pour les policiers de bien encadrer les participants et de s'assurer de leur sécurité. Des manifestations assises ont aussi été tenues dans les rues.

Le choix de la loi ou du règlement a une influence considérable sur le montant des amendes que recevront les personnes appréhendées. Le règlement interdisant d'entraver la circulation des véhicules sur la voie publique est passible d'une amende de 494 $.

À Sherbrooke, le service de police a par ailleurs changé sa stratégie dans les dossiers des 36 personnes appréhendées lundi dernier lors d'une manifestation. Ces personnes devaient d'abord répondre à des accusations liées à la loi 78, mais elles ont finalement été accusées en vertu du Code de la sécurité routière.

Certains manifestants qui font face à des accusations pour des gestes violents ou possession d'armes pourraient quant à eux être passibles de peines plus sévères, a rappelé l'avocat Jean-Pierre Rancourt.

«Si on parle de voies de fait sur un policier: voies de fait simples se traduit par une amende (...) mais voies de fait avec lésions corporelles peut entraîner une peine de prison», a-t-il précisé, ajoutant que les antécédents judiciaires pèsent aussi dans la balance.

Pour la grande majorité des personnes arrêtées, les faits reprochés sont liés à des infractions au règlement municipal. Une éventuelle culpabilité entraînerait des amendes mais pas de casier judiciaire.

Ce volet judiciaire du conflit étudiant laisse toutefois le criminaliste Jean-Pierre Rancourt dubitatif quant à la capacité de résoudre la crise par la voie des tribunaux. «Ce n'est pas la police qui va régler le conflit avec les étudiants, et ce n'est pas la coercition qui va régler le dossier. Il faudra en arriver à un règlement puisqu'on ne peut pas arrêter comme ça 500 personnes par jour indéfiniment», conclut Me Rancourt.

Bombes fumigènes

Par ailleurs, la dernière personne encore emprisonnée relativement aux bombes fumigènes qui avaient paralysé le métro de Montréal pendant deux heures le 10 mai a obtenu sa libération sous caution, jeudi matin.

François-Vivier Gagnon devra se soumettre à une douzaine de conditions strictes, notamment une caution de 15 000 $, dont un dépôt de 5000 $. Il doit revenir en cour le 22 juin pour la suite des procédures.

Parmi les conditions imposées, il doit respecter un couvre-feu, et se tenir loin des stations de métro et des institutions scolaires. Par ailleurs, il ne peut en aucun cas être en possession d'armes ou d'explosifs. Il lui est aussi interdit de prendre part à quelque manifestation que ce soit au Québec.

«La Cour en est venue à la conclusion qu'afin de réassurer la population, il devrait se faire interdire de manifester de quelque manière que ce soit en ce moment», a expliqué le procureur de la Couronne, Steeve Larivière, à l'extérieur de la salle d'audience.

M. Gagnon a passé une dizaine de nuits en prison en attendant d'être libéré. Les détails des témoignages entendus mercredi lors des audiences sont sous le coup d'une ordonnance de non-publication.

Le juge Jean-Pierre Boyer a déclaré jeudi que l'accusé pouvait remercier sa famille pour sa libération sous caution.

«La Cour a estimé que les garanties offertes étaient suffisantes», a ajouté Me Larivière.

Trois jeunes femmes arrêtées relativement à la même affaire avaient quant à elles été relâchées la semaine dernière.

Les quatre jeunes gens sont accusés d'avoir lancé des bombes fumigènes dans une station de métro le 10 mai. D'autres bombes fumigènes lancées au même moment dans d'autres stations de métro avaient forcé l'interruption temporaire du service pendant l'heure de pointe du matin et l'évacuation massive du réseau.

M. Gagnon, âgé de 22 ans, est accusé de complot, de méfait de plus de 5000 $ et d'incitation à craindre le terrorisme. Il fait également face à une accusation de port d'arme prohibée. Selon l'acte d'accusation, il détenait un «couteau papillon». Le crime d'incitation à craindre le terrorisme est passible d'une peine maximale de cinq ans de prison.

Ses coaccusées, Geneviève Vaillancourt, âgée de 25 ans, Vanessa L'Écuyer, âgée de 22 ans, et Roxanne Bélisle, âgée de 23 ans, doivent toutes respecter 19 conditions, notamment un couvre-feu et l'interdiction de se trouver près du métro ou d'une école.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

Manifestation nocturne du 23 mai 2012
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction

Sur le web

le 101ème jour de la grève étudiante à Montréal dérape avec 400 arrestations

Déclarée illégale, la 30e manif nocturne a été marquée par l'originalité

Manifestations: les policiers fautifs devront répondre de leurs actes, promet ...

Après une manif monstre pacifique, le rassemblement nocturne aura été fort ...

Syrie: le régime pilonne deux villes rebelles, le président du CNS démissionne

Le « printemps québécois » en direct sur le net