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Tunisie: divergences sur l'extradition de l'ancien premier ministre libyen

23/05/2012 09:19 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

TUNIS, Tunisie - Des divergences sont apparues à Tunis, mercredi, après l'annonce par le gouvernement tunisien de l'extradition «dans les semaines à venir» de l'ancien premier ministre libyen Baghdadi Mahmoudi, actuellement détenu en Tunisie.

Le porte-parole de la présidence tunisienne, Adnène Mancer, a implicitement contesté cette décision gouvernementale en faisant valoir qu'elle était du ressort du chef de l'État.

Dans une déclaration à l'agence officielle TAP, M. Mancer a souligné que seul «un accord de principe» avait été conclu entre Tunis et Tripoli, et que l'extradition de M. Mahmoudi restait soumise à plusieurs conditions.

«La Tunisie ne va pas extrader Baghdadi Mahmoudi, dernier premier ministre libyen sous le régime de Kadhafi, sauf si la Libye fournit les garanties d'un procès équitable», a-t-il fait valoir. «De surcroît, la Tunisie ne livrera pas M. Mahmoudi si elle perçoit un danger pour sa vie.»

Selon lui, l'accord prévoit la mise sur pied d'une commission tunisienne qui aura pour mission de vérifier le bon fonctionnement de la justice libyenne et de veiller au respect de l'intégrité physique et morale de M. Mahmoudi.

«Les procédures peuvent prendre du temps, dès lors qu'elles dépendent de la finalisation de son dossier et des formalités de son extradition», a prévenu M. Mancer.

Il a précisé que le président Moncef Marzouki, un ardent défenseur des droits de la personne, avait refusé de signer la décision d'extradition.

Le directeur du cabinet présidentiel, Imed Daïmi, a aussitôt réfuté ces divergences.

«Il n'y a pas de contradiction entre les positions du gouvernement et de la présidence de la République», a-t-il affirmé mercredi après-midi sur les ondes de la radio privée Mosaïque FM.

Il a admis que «l'accord de principe» tuniso-libyen prévoyait les garanties évoquées et a précisé qu'une délégation tunisienne se rendrait en Libye pour s'en assurer.

Des organisations internationales, dont Human Rights Watch (HRW), se sont prononcées contre l'extradition de M. Mahmoudi en raison des risques qu'il encourt en Libye.

L'ex-premier ministre libyen observe depuis plusieurs jours une grève de la faim dans la prison de Mornaguia, près de Tunis, où il est incarcéré depuis huit mois.

Il a été arrêté en septembre dans le sud de la Tunisie pour «franchissement illégal de la frontière», alors qu'il s'apprêtait à se rendre en Algérie, un pays qui a donné refuge à plusieurs membres de la famille Kadhafi.

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