NOUVELLES

Printemps arabe: un an et demi de révolte ou d'insurrection

23/05/2012 12:13 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Le monde arabe a connu un an et demi de bouleversements majeurs, qui ont abouti aux chutes des régimes tunisien, égyptien et libyen et contraint le président yéménite à un transfert du pouvoir.

EGYPTE

Les Egyptiens élisent à partir de mercredi un nouveau président lors d'un scrutin historique qui oppose des candidats islamistes ou laïques, quinze mois après la chute de Hosni Moubarak le 11 février 2011.

A la tête du pays depuis 1981, M. Moubarak a remis ses pouvoirs au Conseil suprême des forces armées (CSFA), après 18 jours d'une révolte populaire (près de 850 morts), dans la foulée du soulèvement en Tunisie. Lors de législatives cet hiver, les islamistes ont remporté les deux tiers des sièges, dont près de la moitié pour les seuls Frères musulmans.

Le CSFA s'est engagé à remettre le pouvoir au président qui sortira des urnes. Ce transfert doit symboliser la fin d'une période de transition jalonnée par des manifestations parfois violentes et meurtrières.

TUNISIE

Le 14 janvier 2011, Zine El Abidine Ben Ali, au pouvoir depuis 1987, a fui son pays pour l'Arabie saoudite chassé par une révolte (plus de 330 morts), après l'immolation par le feu à la mi-décembre d'un jeune marchand de Sidi Bouzid (centre-ouest) excédé par des humiliations policières répétées.

L'Assemblée nationale constituante, élue en octobre lors des premières élections libres, est dominée par les islamistes du parti Ennahda, qui dirige le gouvernement. Moncef Marzouki, farouche opposant de gauche au régime Ben Ali, a été élu à la présidence par l'Assemblée. Mais des protestations sociales se poursuivent dans certaines régions et des manifestations interdites ont été brutalement dispersées par la police à Tunis.

LIBYE

Mouammar Kadhafi, au pouvoir depuis 1969, est mort le 20 octobre 2011 peu après son arrestation à Syrte. Il était confronté depuis février à un soulèvement qui a débuté dans l'Est avant de se transformer en une confrontation armée qui a abouti à la chute de Tripoli en août, grâce à l'appui décisif d'une opération internationale lancée dès mars. Selon le Conseil national de transition (CNT), le conflit a fait 30.000 morts.

Le gouvernement est aujourd'hui critiqué pour son échec à asseoir son autorité et à s'opposer aux milices formées par les anciens combattants rebelles. Une Assemblée constituante doit être élue en juin.

YEMEN

Le 21 février 2012, le vice-président Abd Rabbo Mansour Hadi a été élu à la présidence pour une période intérimaire de deux ans, succédant à Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 1978. Le scrutin s'est déroulé conformément à un accord soutenu par les monarchies arabes du Golfe après un soulèvement qui a duré plus d'un an et fait des centaines de morts, et en vertu duquel M. Saleh a accepté de quitter le pouvoir en échange d'une immunité pour lui-même et pour ses proches.

Le réseau Al-Qaïda profité de cette période d'incertitudes, qui a encore plus affaibli le pouvoir central, pour renforcer sa présence dans le Sud et l'Est du pays.

SYRIE

La Syrie est en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte contre le régime de Bachar al-Assad, qui s'est militarisée face à la répression. Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les opérations de répression et les combats entre armée et déserteurs ont fait plus de 12.600 morts, en grande majorité des civils, dont 1.500 depuis l'entrée en vigueur officielle d'un cessez-le-feu le 12 avril.

Les combats se sont intensifiés récemment, malgré la présence de quelque 270 observateurs de l'ONU incapables de faire respecter la trêve préconisée par le plan de l'émissaire international Kofi Annan.

BAHREIN

Dirigé par une dynastie sunnite, le royaume a été secoué en février-mars 2011 par des manifestations, durement réprimées, de la population majoritairement chiite. La révolte a été réprimée par la force, avec l'appui de troupes essentiellement saoudiennes. Les manifestations ont repris ces derniers mois, et des heurts opposent sporadiquement protestataires et police.

JORDANIE

Des manifestations ont lieu régulièrement depuis début 2011 pour réclamer réformes politiques et économiques et mesures anti-corruption.

MAROC

Des manifestations ont eu lieu en 2011 pour réclamer des réformes politiques. Le parti Justice et développement (PJD, islamistes modérés) a remporté les législatives fin novembre et son chef a été nommé Premier ministre, conformément à une nouvelle Constitution.

ALGERIE

Les élections législatives de mai ont été remportées par l'alliance présidentielle, les islamistes subissant un important revers, une première depuis le début du Printemps arabe.

acm/bc/fc

PLUS:afp