NOUVELLES

Poursuite contre le projet d'oléoduc canadien dans l'État du Nebraska

23/05/2012 09:43 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

OMAHA, Neb. - Des opposants au projet de l'entreprise canadienne TransCanada de construire son oléoduc Keystone XL ont déposé une poursuite mercredi en rapport avec la nouvelle loi soumise par le Nebraska pour permettre le transport du pétrole canadien.

En avril, TransCanada avait soumis une nouvelle proposition aux autorités du Nebraska visant à contourner la zone sensible des Sandhills, un secteur écologiquement fragile du Nebraska.

La poursuite a été déposée directement auprès de la Cour Suprême d'État. Dans cette demande, plusieurs propriétaires de terrains du Nebraska situés le long du tracé soutiennent que la loi modifiant le processus est inconstitutionnelle parce qu'elle ne permet pas de révision judiciaire et ne précise pas quels critères devraient être considérés lors de l'évaluation d'un projet de pipeline.

Au bureau du procureur général du Nebraska, on a refusé de commenter la poursuite alléguant ne pas avoir reçu de copie de la plainte.

Les plaignants s'opposent également au fait que ce soit le Département de la qualité de l'environnement du Nebraska qui soit en charge de la révision du projet plutôt que la Commission de la fonction publique de l'État, un groupe indépendant, élu, qui réglemente les services publics.

Les propriétaires qui ont déposé la plainte se disent préoccupés par le fait que les articles de la loi pourraient permettre à une compagnie d'oléoducs d'utiliser le pouvoir d'expropriation pour obtenir un terrain afin de faire passer le pipeline.

Une propriétaire, Suz Luebbe, a déclaré qu'elle croyait sincèrement aux droits des citoyens du Nebraska qui se sentent particulièrement choqués d'être menacés d'expropriations.

La poursuite allègue également que la loi est inconstitutionnelle parce qu'elle ne peut s'appliquer qu'au projet Keystone XL de TransCanada.

L'oléoduc qui doit servir à transporter du pétrole depuis l'Alberta jusqu'aux raffineries américaines du golfe du Mexique partirait de l'Alberta pour traverser le Montana, le Dakota du Sud, le Nebraska, le Kansas, l'Oklahoma et le Texas. TransCanada a également proposé d'opérer un branchement au Montana et au Dakota du Nord.

Les groupes écologiques s'opposent au projet parce qu'ils redoutent que le pipeline contamine la nappe phréatique et les eaux de surface, en plus de polluer l'air autour des raffineries et de nuire à la faune sauvage.

La Maison-Blanche a refusé, en janvier, d'accorder un permis fédéral à TransCanada. Pour expliquer son refus, elle avait invoqué le manque de temps pour évaluer correctement l'oléoduc avant la date limite imposée par le Congrès et les inquiétudes soulevées par le tracé au Nebraska. Les républicains au Congrès tentaient d'accélérer le processus d'approbation.

Depuis, la compagnie TransCanada a divisé le projet en deux. Elle espère ainsi obtenir plus rapidement l'approbation pour la partie sud du projet située entre l'Oklahoma et la côte du golfe du Mexique.

TransCanada a proposé un nouveau tracé qui contournerait la zone sensible des Sandhills, un secteur écologiquement fragile du Nebraska, en faisant passer l'oléoduc à l'est de cette région, avant de le ramener à son tracé initial.

Les autorités du Nebraska ont tenu des audiences publiques sur le nouveau tracé au début de mai. Le processus pour l'adoption du nouveau tracé devrait être complété d'ici la fin de l'été ou à l'automne.

PLUS:pc