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Nucléaire: l'Iran et les puissances en quête d'une percée à Bagdad

23/05/2012 06:22 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

L'Iran et six puissances mondiales étaient réunies mercredi à Bagdad pour tenter de mettre un coup d'arrêt à la dangereuse escalade autour du programme nucléaire iranien, soupçonné de visées militaires, alors que nombre de voix en Occident mettent en garde contre une manoeuvre purement dilatoire de l'Iran.

Les discussions, qui réunissent l'Iran et le groupe "5+1" (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne), ont commencé en milieu de journée dans une résidence officielle située dans la zone verte, quartier ultraprotégé du centre de Bagdad.

Elles visent à enrayer l'escalade autour de ce dossier qui empoisonne depuis des années leurs relations, faisant planer la menace d'un conflit armé dans cette région hautement volatile.

Les principaux responsables israéliens, le Premier ministre Benjamin Netanyahu en tête, agitent la menace d'une opération militaire, exprimant leurs doutes sur l'efficacité des sanctions contre Téhéran.

Le président iranien Mahmoud Ahmadinejad a toutefois répété mercredi que le programme nucléaire iranien était pacifique. "La production et l'utilisation d'armes de destruction massive sont contraires à la religion et n'ont aucune place dans la doctrine de défense de la République islamique d'Iran", a-t-il déclaré, cité par l'agence officielle Irna.

Le chef des négociateurs iraniens, Saïd Jalili, a pour sa part espéré que les négociations de mercredi, "fondées sur la coopération" constitueraient "le point de départ d'une nouvelle ère" dans les relations entre ces pays, selon des médias iraniens.

"Nous sentons que l'Occident a compris que ce n'était plus le moment d'utiliser sa stratégie de pression", a déclaré M. Jalili cité par les agences Fars et Mehr.

"Nous espérons que les négociations de Bagdad seront l'occasion pour les 5+1 de renoncer à certaines de leurs stratégies stériles", a-t-il dit à Bagdad.

Et la Russie, qui participe aux négociations, a indiqué mercredi que l'Iran était prêt à aller de l'avant.

"Nous avons l'impression claire, à l'issue de contacts préliminaires, que la partie iranienne est prête à donner son accord pour des mesures concrètes", a déclaré le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, cité par les agences russes.

Pour M. Lavrov, la réunion de Bagdad et les négociations sur le nucléaire iranien en général doivent s'appuyer sur le principe du donnant-donnant.

"L'Iran fait un pas en direction des demandes de la communauté internationale, et la communauté internationale fait un pas vers l'assouplissement des sanctions faisant pression sur l'Iran", a-t-il jugé.

Plus tôt mercredi, le ministre israélien de la Défense Ehud Barak avait une nouvelle fois invité les puissances mondiales à faire preuve de fermeté à l'égard de Téhéran.

"A Bagdad, il faut se méfier que grâce à des concessions partielles, l'Iran ne parvienne à éviter un renforcement des sanctions", a-t-il dit dans une interview à la radio publique. "Sans un renforcement des sanctions actuelles l'Iran continuera son programme" nucléaire, a-t-il prévenu.

Ces discussions font suite à une visite lundi à Téhéran du directeur général de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) Yukiya Amano, au cours de laquelle le principe d'un "accord" pour des mesures visant à lever les incertitudes sur la nature du programme nucléaire iranien a été conclu, a-t-il indiqué mardi à son retour à Vienne. Cet accord doit être signé "prochainement", a-t-il dit.

La Maison Blanche a estimé que cette annonce constituait "un pas en avant", mais prévenu qu'elle jugerait "le comportement de l'Iran sur la base de ses actes", selon le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney.

Selon le Financial Times paru mercredi, des représentants des 5+1 ont préparé à l'intention de l'Iran une proposition de "carotte pétrolière", lui permettant de continuer à fournir du pétrole à ses clients asiatiques en échange de certaines garanties sur son programme.

Rien ne garantit que la réunion donnera des résultats "tangibles", a toutefois prévenu un diplomate. Ils pourraient en réalité se résumer à un accord sur la tenue à un rythme régulier de discussions de travail techniques.

bur-ahe/hj

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