Boxe: Lucian Bute s'avère une valeur inconnue pour le clan de Carl Froch

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LUCIAN BUTE CARL FROCH COMBAT
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NOTTINGHAM, Royaume-Uni - Carl Froch et son entourage se plaisent à dire, depuis plusieurs mois, que Lucian Bute n'a jamais affronté un boxeur de premier plan. Ils ont cependant implicitement reconnu, mercredi, que cette tare apparente pourrait en fait s'avérer une arme secrète.

Car, justement, personne ne sait comment réagira Bute, samedi, dans l'antre de Froch à Nottingham. À savoir s'il saura relever son niveau d'un cran, ou s'il croulera devant le meilleur adversaire qu'il aura jamais affronté. Le Montréalais d'origine roumaine s'avère donc un adversaire dur à évaluer pour le clan du boxeur britannique.

«C'est vrai que c'est difficile parce que nous savons pas encore à quel point il est bon, a convenu Rob McCracken, l'entraîneur de Froch, en marge de la conférence de presse tenue à Albert Hall, au centre-ville de Nottingham. Est-il très bon ou est-il exceptionnel? Nous le saurons samedi soir. De notre côté, nous ne croyons pas qu'il soit exceptionnel. Parce que lorsqu'on regarde les boxeurs qu'il a affrontés... Un boxeur exceptionnel l'aurait emporté avec plus d'aise contre certains opposants.

«Tandis que Carl, lui, a disputé des combats très corsés contre certains des boxeurs les plus coriaces au monde, a ajouté McCracken en faisant allusion aux affrontements contre Andre Ward, Arthur Abraham, Mikkel Kessler et Jermain Taylor. Ces duels l'ont laissé sans marque, sans séquelles, sans blessures, ce qui montre à quel point c'est un boxeur de bon calibre. Carl a beaucoup de détermination, il croit en lui, et il trouve une façon de gagner ses combats. Il va le faire encore samedi.»

«Le fait qu'il n'ait affronté personne ne signifie pas qu'il n'est pas un boxeur d'élite et qu'il ne va jamais battre les meilleurs. On ne le sait pas, a quant à lui dit Froch à ce sujet. Ceci est un grand test pour lui. C'est un combat où il va se poser beaucoup de questions et c'est moi qui vais les mettre de l'avant, ces questions-là.»

Froch a par ailleurs dit s'être préparé de la même manière contre Bute qu'il l'a fait à ses autres combats, c'est-à-dire en mettant l'accent sur la préparation physique et mentale.

«Le fait qu'il n'ait jamais vraiment été mis à l'épreuve ne fait pas vraiment de grande différence en ce qui me concerne», a déclaré le boxeur de 34 ans, qui a comparé Bute à Joe Calzaghe, même s'il juge que le premier n'a pas la même capacité de travail dans un ring que le deuxième.

Bute devra être à son meilleur contre Froch, et à son meilleur sans relâchement, a noté l'entraîneur du boxeur québécois Stéphan Larouche. Il devra disputer des rounds de trois minutes sans commettre la moindre largesse.

«S'il a des moments de laisser-aller de deux ou trois secondes comme ça arrive parfois à Montréal, ça pourrait faire mal ici, a prévenu l'entraîneur. La transition entre ses mouvements à l'attaque et ses mouvements en défensive devra être encore plus précise. Il ne pourra pas laisser Carl Froch penser qu'il est découragé, pas même une seconde.»

Car comme l'a rappelé Larouche, Froch a beau être un boxeur imparfait, il ne lâche jamais.

«(Froch) en a fait la preuve contre Taylor, quand il est allé au plancher au deuxième round, solidement à part ça. Il ne gagnait aucun round, il se faisait cogner dur à tous les rounds, mais il resté dans le coup tout ce temps-là. Et au dernier round, Taylor s'est fatigué et Froch l'a mis hors de combat au 12e.»

Tandis que Froch a semblé songeur par moments pendant la partie protocolaire de la conférence de presse, Bute semblait avoir l'assurance d'un homme qui sait où il s'en va. Et dans son cas, c'est dans l'antre du lion qu'il se dirige, puisque Froch n'a jamais perdu chez lui, à Nottingham.

«Le public va lui donner beaucoup d'énergie positive, c'est vrai, a reconnu Bute. Mais sur le ring, ce sera moi et lui, c'est tout. C'est sûr que s'il me touche un peu, la foule va crier au maximum pour lui. Mais ça, je m'y attends depuis que j'ai accepté ce combat. J'ai travaillé fort pour ce combat et je vais monter sur le ring avec une confiance extraordinaire.»

Froch a accusé Bute de choisir ses adversaires. Bute a répliqué en disant que c'est lui qui a choisi de venir affronter le Britannique de 34 ans chez lui. Tout en reconnaissant qu'il a fait ce choix dans le but d'obtenir la crédibilité que plusieurs lui refusent encore dans le monde de la boxe.

«C'est le moment de prouver que je peux me battre à l'extérieur, même chez l'adversaire, a souligné Bute. Je veux être reconnu comme le meilleur, pas juste à Montréal, mais partout dans le monde. Être au Panthéon de la boxe, c'est mon rêve, mon défi. Et ça l'est aussi de battre Froch chez lui, devant ses partisans. Ce serait une victoire 10 fois plus importante qu'une victoire normale à Montréal.»

Reste qu'en acceptant ce défi, Bute a pris «un pari dangereux», comme l'a noté Froch.

«(Bute) va avoir droit à une certaine crédibilité pour avoir accepté le combat. Mais s'il se fait mettre hors de combat en trois rounds, il va juste être reconnu comme quelqu'un qui se fait mettre K.-O. dès que le niveau de boxe monte. Ce ne serait guère crédible. Sa carrière et son héritage seraient réduits à néant.»

La pesée de vendredi aura lieu au Capital FM Arena, là où sera disputé le combat de samedi entre Bute et Froch.

Bute (30-0-0, 24 K.-O) défendra son titre pour la 10e fois, mais ce sera la première fois qu'il le fera ailleurs qu'au Québec ou en Roumanie. Froch (28-2-0, 20 K.-O.), qui a été champion WBC des super-moyens à deux reprises, boxera chez lui pour la première fois en cinq combats.

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