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L'Iran et les grandes puissances en quête d'une percée sur le nucléaire

23/05/2012 09:58 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

L'Iran et les six puissances mondiales tentaient mercredi à Bagdad de mettre un coup d'arrêt à la dangereuse escalade autour du programme nucléaire iranien soupçonné de visées militaires, chaque camp présentant une série de propositions pour débloquer le dossier.

Les négociations, qui réunissent l'Iran et le groupe "5+1" (les membres permanents du Conseil de sécurité de l'ONU: Etats-Unis, Russie, Chine, France, et Grande-Bretagne, plus l'Allemagne), vont se prolonger dans la soirée et jeudi pour permettre l'examen de ces propositions.

Peu d'éléments ont filtré pour l'instant sur les propositions du groupe 5+1 et la contre-proposition de l'Iran.

Selon le porte-parole du chef de la diplomatie de l'Union européenne Catherine Ashton, Michael Mann, un paquet de propositions "intéressantes" pour l'Iran a été présenté à Bagdad. Elles pourraient requérir en retour que l'Iran suspende son enrichissement d'uranium à 20%, une mesure qui apparaît désormais centrale dans le règlement de la crise.

Cependant des médias en Iran ont réagi en dépeignant les propositions comme "dépassées, incomplètes et déséquilibrées".

Les Iraniens ont présenté une "contre-proposition en cinq points", a indiqué un membre de leur délégation. "Nos propositions sont basées sur le Traité de non prolifération, le principe de pas-à-pas et la réciprocité acceptés à Istanbul", lors des précédentes discussions en avril.

"L'Iran a présenté au 5+1 des étapes pratiques, basées sur une approche pas-à-pas", soit un paquet de propositions "complet", a rapporté l'agence de presse iranienne ISNA à Téhéran.

"Les responsables iraniens pensent que les propositions de l'Iran sont si transparentes et pratiques que les 5+1 peuvent leur répondre dès la session prévue dans la soirée", a-t-elle ajouté.

Les discussions se déroulent dans une résidence officielle de la zone verte, quartier ultraprotégé du centre de Bagdad. Outre les sessions plénières, des rencontres bilatérales avec Mme Ashton et le représentant de la Chine sont également au programme.

Les discussions visent à enrayer l'escalade autour de ce dossier qui empoisonne depuis des années les relations entre l'Iran et une grande partie de la communauté internationale, faisant planer la menace d'un conflit armé dans cette région hautement volatile.

Téhéran affirme que son programme nucléaire est purement pacifique, mais nombre de pays y voient une tentative dérobée de rejoindre le club fermé des puissances nucléaires. Israël, qui se sent menacé et doute de l'efficacité des sanctions contre Téhéran, n'exclut pas une éventuelle opération militaire.

Le chef des négociateurs iraniens, Saïd Jalili, présent à Bagdad, avait auparavant espéré que les négociations "fondées sur la coopération" constitueraient "le point de départ d'une nouvelle ère", selon des médias iraniens.

"Nous sentons que l'Occident a compris que ce n'était plus le moment d'utiliser sa stratégie de pression", a-t-il dit en allusion aux sanctions pesant sur l'Iran.

Pour la Russie, l'Iran est prêt à aller de l'avant. "Nous avons l'impression claire, à l'issue de contacts préliminaires, que la partie iranienne est prête à donner son accord pour des mesures concrètes", a déclaré son chef de la diplomatie Sergueï Lavrov.

Ces discussions entre M. Jalili, de hauts fonctionnaires des Affaires étrangères du groupe 5+1 et Mme Ashton, font suite à une visite lundi à Téhéran du directeur général de l'AIEA, Yukiya Amano.

Ce dernier a ensuite annoncé un "accord" de principe sur des mesures visant à lever les incertitudes sur la nature du programme nucléaire iranien, qui doit être signé "prochainement".

Washington a qualifié cette annonce de "pas en avant", mais prévenu qu'elle jugerait "le comportement de l'Iran sur la base de ses actes".

bur-ahe/tp

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