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Les forces syriennes bombardent Rastane, les sanctions durement ressenties

23/05/2012 11:01 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Les forces gouvernementales bombardaient mercredi la ville rebelle de Rastane (centre) dans le cadre de leur sanglante répression de la contestation, en dépit de la présence d'observateurs dans le pays et de sanctions sur le secteur pétrolier qui commencent à être durement ressenties.

"Le secteur pétrolier a perdu près de 4 milliards de dollars à cause des sanctions européennes et américaines injustes, empêchant l'exportation et l'importation de pétrole et de dérivés pétroliers", a déclaré le ministre syrien du Pétrole Soufiane Allaou lors d'une conférence de presse.

Sur le terrain, l'engrenage de la violence se poursuivait avec la mort d'au moins douze personnes, dont trois tuées par l'explosion d'une bombe visant un bus sur la route de l'aéroport international de Damas, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

Selon des témoins interrogés par un photographe de l'AFP sur place, il s'agissait d'un bus transportant des militaires.

Cinq soldats qui ont tenté de s'enfuir de leur base à Qoutaïfé dans la province de Damas, ont été tués par les troupes gouvernementales, selon l'ONG.

Celles-ci bombardaient en outre sans relâche la ville rebelle de Rastane (centre), qui abrite un grand nombre de rebelles et échappe depuis plusieurs mois au contrôle des autorités.

"L'armée syrienne libre (ASL) contrôle les entrées de Rastane", affirme via skype le militant Abou Rawane, faisant état de déploiements de forces régulières.

Un civil a été tué dans la région d'Alep (nord) par des tirs des forces régulières, deux autres dans la province de Homs (centre) et un civil a péri dans la province de Deraa, berceau de la contestation dans le sud du pays.

Déployés progressivement dans le pays depuis la fin avril, les observateurs de l'ONU -actuellement au nombre de quelque 270- ne parviennent pas à faire respecter la trêve préconisée par le plan de paix de l'émissaire international Kofi Annan, quotidiennement violée depuis le 12 avril.

Pour sa part, l'ASL, formée de rebelles, a nié toute responsabilité dans le rapt mardi de pèlerins chiites libanais dans la région d'Alep dans le nord de la Syrie.

"L'ASL n'est pas du tout responsable de cet enlèvement. Nous n'opérons pas comme ça. C'est une tentative de porter atteinte à l'image de l'ASL", a indiqué le général Moustapha Al-Cheikh, chef du Conseil militaire de l'ASL basé en Turquie.

"Nous condamnons cet enlèvement (..) qui est sans doute l'oeuvre du régime qui veut semer le chaos dans la région", a-t-il poursuivi.

Le Conseil national syrien, principale instance de l'opposition, soupçonne également le régime de Bachar al-Assad d'être derrière l'enlèvement "pour créer des troubles au Liban, un pays frère qui accueille les réfugiés, les blessés et les persécutés du peuple syrien".

Les Libanais sont divisés entre pro et antisyriens, et les autorités syriennes sont de plus en plus irritées par le soutien apporté aux rebelles syriens dans le nord du Liban.

L'agence libanaise (ANI) a annoncé l'enlèvement de 13 Libanais chiites dans la province d'Alep alors qu'ils revenaient en bus d'un pèlerinage en Iran, attribuant ce rapt à l'ASL.

L'opposition armée a été accusée d'avoir mené un autre enlèvement, celui de trois camionneurs iraniens kidnappés lundi en Syrie. Selon le chargé d'affaires iranien à Damas Abbas Golrou, les trois camionneurs acheminaient en Syrie du "matériel" non identifié en provenance d'Iran.

Une trentaine d'Iraniens, travailleurs ou pèlerins, ont été enlevés en Syrie depuis le début en mars 2011 du soulèvement contre le régime. Téhéran, principal allié de Damas, est accusé par les services de renseignement occidentaux et l'opposition syrienne de fournir des armes aux forces du régime.

Sur le plan intérieur, le ministre du Pétrole a accusé l'Union européenne (UE) et les Etats-Unis d'être à l'origine d'une pénurie en dérivés pétroliers en Syrie, et de vouloir "faire pression sur le peuple syrien en élargissant l'embargo".

Il a révélé l'arrivée lundi en Syrie d'un navire vénézuélien transportant 35.000 tonnes de mazout, et de négociations en cours à Moscou "pour l'importation de mazout et de gaz domestique en Syrie".

En outre, le sort du beau-frère du président Assad et vice-ministre de la Défense, Assef Shawkat, faisait mercredi l'objet d'intenses spéculations à la suite d'informations de militants anti-régime sur son "assassinat" et son "enterrement" dans son village.

M. Shawkat est considéré comme l'un des personnages les plus honnis par les opposants au sein du régime de M. Assad.

Plus de 12.600 personnes, en majorité des civils, ont été tuées depuis le début de la révolte en Syrie dont 1.500 depuis l'instauration du cessez-le-feu, selon l'OSDH.

bur-rm/sw

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