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Les forces somaliennes se préparent à une vaste offensive sur le bastion shebab d'Afgoye

23/05/2012 06:18 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Les forces pro-gouvernementales somaliennes ont prévenu mercredi que les combats lancés mardi pour prendre le bastion shebab d'Afgoye, à l'ouest de Mogadiscio, n'étaient qu'un avant-goût d'une vaste offensive, les insurgés islamistes affirmant pourtant avoir repoussé l'assaut.

"Les combats de mardi ont juste servi à préparer le terrain pour la grande bataille," a indiqué à des journalistes le commandant militaire somalien Abdikarin Yusuf Dhegobadan. "Nous allons continuer à avancer."

Les shebab affirment au contraire avoir repoussé l'offensive lancée mardi par des centaines de soldats somaliens, appuyés par l'Amisom en direction du couloir d'Afgoye. Le couloir, qui débute aux portes de Mogadiscio, abrite des centaines de milliers de déplacés somaliens, victimes de la récente sécheresse et des combats incessants dans leur pays.

"L'ennemi a attaqué nos positions près de la piste d'atterrissage de Deynile (banlieue de Mogadiscio qui ouvre sur le couloir de Afgoye, NDLR), mais, grâce à Dieu, les moudjahidine ont répliqué férocement," a affirmé Cheikh Abdulaziz Abu Musad, porte-parole des shebab, un mouvement récemment intégré à Al-Qaïda.

Les rebelles disent avoir infligé des pertes aux forces pro-gouvernementales, avoir notamment blessé et tué des "commandants militaires occidentaux" qui ont été "évacués de la zone de combat par hélicoptère".

Cette dernière affirmation n'a pas été recoupée dans l'immédiat, mais des témoins ont fait état de morts dans les deux camps lors des combats de mardi, qui ont contraint à la fuite de familles encore présentes à Deynile.

Ces derniers mois, des milliers de civils avaient déjà fui Deynile pour Mogadiscio, dans la perspective de cet assaut pro-gouvernemental. De nombreux shebab s'étaient retirés dans la zone après avoir été chassés de la capitale par l'Amisom et l'armée somalienne en août 2011.

Mercredi, les témoins affirmaient que la situation était calme, mais que des renforts pro-gouvernementaux et shebab arrivaient.

"La situation est calme pour le moment, mais il pourrait y avoir des combats à n'importe quel moment," a estimé un habitant de Deynile, Muhidin Ali.

"Il n'y a pas de combats pour l'instant, les deux parties renforcent leurs positions et les mouvements de véhicules sur la principale route menant à Afgoye sont très limités," a renchéri un autre témoin, Abdi Hashi.

Ce dernier dit avoir vu le corps de trois soldats somaliens tués dans les combats mardi. Un autre témoin, qui a requis l'anonymat, a de son côté assisté à l'enterrement de deux combattants shebab.

Après leur retrait de la capitale l'été dernier, les insurgés islamistes ont continué à y mener des attaques de type guérilla et les forces pro-gouvernementales tentent depuis plusieurs mois d'étendre leur contrôle sur les abords de la ville.

Les rebelles shebab contrôlent encore de grandes parties du centre et du sud de la Somalie. Mais ils y sont de plus en plus affaiblis, pris dans l'étau d'une offensive militaire régionale depuis l'intervention, fin 2011, des armées kényane et éthiopienne dans la région. Ils chercheraient désormais à ouvrir un nouveau front plus au nord, vers la région autoproclamée autonome du Puntland.

La Somalie est rongée par plus de 20 ans de guerre civile, sans gouvernement effectif depuis la chute du président Siad Barre en 1991.

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