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Les dirigeants européens réunis à Bruxelles pour discuter de croissance

23/05/2012 01:06 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

PARIS - Le sommet informel des chefs d'État et de gouvernement de l'Union européenne, mercredi soir à Bruxelles, sera consacré à la relance de la croissance, thème porté par le nouveau président français pendant sa campagne. François Hollande s'est fixé un objectif ambitieux: «sortir l'Europe d'un certain nombre de divisions et de blocages», selon l'Élysée.

Aucune décision n'est attendue de ce dîner de travail, au cours duquel les 27 doivent surtout lancer les discussions en vue du sommet européen des 28 et 29 juin.

François Hollande compte défendre la complémentarité entre l'assainissement des finances publiques et la relance de la croissance, estimant qu'il est «nécessaire» de mener de front les deux tâches au niveau européen, selon l'Élysée. M. Hollande maintient son objectif de ramener le déficit public en France à 3 pour cent du PIB en 2013.

Le premier ministre espagnol, Mariano Rajoy, de passage mercredi après-midi à Paris, a assuré qu'il était «assez d'accord» avec la position défendue par la France. «Il ne suffit pas de contrôler le déficit public, il est important de mener des politiques qui vont stimuler la croissance», a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

François Hollande prône la création d'euro-obligations qu'il considère comme «nécessaires», une proposition à laquelle l'Allemagne s'est toujours opposée, notamment parce qu'elle repose sur le principe de mutualisation de la dette.

«La méthode qui nous paraît la meilleure, c'est celle de tout mettre sur la table», avait expliqué François Hollande le 15 mai, lors de sa rencontre avec la chancelière allemande Angela Merkel à Berlin. «Tout ce qui peut contribuer à la croissance, aussi bien l'amélioration de la compétitivité que les investissements d'avenir, la mobilisation de fonds et les eurobonds», avait-il affirmé.

Sur cette question, Mariano Rajoy s'est montré réservé mercredi, estimant que la priorité était d'abord de «résoudre le problème de la dette» en Europe, avant d'envisager la création d'euro-obligations.

Mercredi soir, François Hollande «insistera sur la taxe sur les transactions financières», qui a aussi fait partie de ses thèmes de campagne, et tentera de surmonter les réticences de certains pays sur le sujet, a indiqué l'Élysée. Paris envisage la possibilité de créer cette taxe même si les 27 membres de l'Union européenne ne trouvent pas d'accord en ce sens, à condition que suffisamment d'États adhèrent à la mesure.

Quant au sujet qui fâche, celui de la renégociation du traité européen, il devrait être évité pour l'instant. Le président français et la chancelière allemande se sont mis d'accord, le 15 mai, pour n'aborder cette question qu'après la discussion sur les instruments de croissance.

La crise grecque n'est pas officiellement prévue au menu des discussions, mais elle pourrait tout de même être évoquée par les dirigeants européens. Comme il l'avait déjà fait avec Angela Merkel, François Hollande a réaffirmé mercredi qu'il ferait tout pour «convaincre les Grecs de choisir de rester dans la zone euro, en respectant les engagements qui ont été pris».

«La Grèce doit continuer dans la zone euro, c'est ce qui est le mieux pour la Grèce et pour l'Europe», a martelé Mariano Rajoy.

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