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23/05/2012 09:42 EDT | Actualisé 23/07/2012 05:12 EDT

Le Turkménistan signe ses premiers contrats pour le gazoduc trans-afghan

Le Turkménistan, une ex-république soviétique riche en hydrocarbures, a signé mercredi avec l'Inde et le Pakistan les premiers accords de vente de gaz turkmène destiné à transiter par le futur gazoduc qui doit relier ces trois pays en passant aussi par l'Afghanistan.

"Aujourd'hui, nous sommes les témoins d'un événement historique, dont l'échelle n'est pas seulement régionale mais aussi mondiale", a déclaré le vice-Premier ministre turkmène Baimourat Khodjamoukhamedov lors d'un congrès sur le gaz à Avaza, cité balnéaire turkmène sur les bords de la mer Caspienne.

"Nous avons signé des contrats pour l'achat-vente de gaz entre le Turkménistan et l'Inde et entre le Turkménistan et le Pakistan", a-t-il poursuivi.

Les accords ont été conclus entre la société publique Turkmengaz et le distributeur indien GAIL d'une part, et avec le groupe pakistanais Inter State Gas System d'autre part.

Ils prévoient des livraisons quotidiennes allant "jusqu'à 90 millions de mètres cubes de gaz", précise dans un communiqué la Banque asiatique de développement (BAD), qui soutient le projet.

Achkhabad n'a en revanche signé avec l'Afghanistan qu'un protocole d'accord de coopération, les deux pays continuant de discuter sur le prix du gaz et les droits de transit. Un contrat devrait toutefois être "finalisé sous peu", assure la BAD.

Les contrats conclus constituent une avancée dans la réalisation du futur gazoduc TAPI (acronyme composé des initiales de chaque pays), qui doit transporter du gaz du champ de Daouletabad, dans le sud-est du Turkménistan, vers le Pakistan et l'Inde, en passant par l'Afghanistan.

L'idée de ce projet ambitieux, soutenu par les puissances occidentales, remonte aux années 1990, mais souffre depuis de l'instabilité chronique de l'Afghanistan, un problème majeur qui suscite toujours des doutes sur sa viabilité.

Une des raisons qui explique que même si un accord sur la construction du gazoduc, long d'environ 2.000 kilomètres et qui vise à transporter 30 milliards de m3 de gaz par an, a été signé entre les quatre pays concernés en 2010, celle-ci n'a pas encore commencé.

"La prochaine étape pour les pays du TAPI est d'attirer des partenaires commerciaux pour construire, financer et exploiter le gazoduc, qui selon des estimations de 2008 devrait coûter au moins 7,6 milliards de dollars", indique la BAD.

S'il voit vraiment le jour, le gazoduc permettra d'accroître les approvisionnements en gaz de l'Inde et du Pakistan, deux économies émergentes très friandes en énergie dont les besoins devraient doubler d'ici 2030, tout en aidant le Turkménistan, dont les sous-sols renferment de gigantesques réserves d'hydrocarbures, à diversifier ses voies d'exportations, pour l'heure très dépendantes de la Russie.

Il sera aussi un facteur de stabilisation des relations entre New Delhi Islamabad.

Le projet "a des objectifs politiques importants", a souligné le ministre pakistanais du Pétrole, Asim Hussain.

"Les avantages du gazoduc TAPI sont indiscutables, étant donné que le gaz turkmène contribuera à la prospérité de nos pays et à la stabilité de notre région tourmentée", a dit de son côté le ministre indien du Pétrole et du Gaz Sudini, Jaipal Reddy.

L'Inde et le Pakistan, qui se sont menés trois guerres depuis leur indépendance concomitante en 1947, ont récemment repris leur dialogue de paix, interrompu après les attentats de Bombay en novembre 2008 attribués à un groupe basé au Pakistan.

L'approfondissement de leurs relations économiques est considéré comme un élément clé dans les discussions de paix.

al-edy/nm/mml

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